Si le monde polaire n’a plus guère de secret pour Jean Luc Albouy, il continue de nourrir chez lui un engouement intarissable. De plus, la lumière que donne la récente prise de conscience environnementale sur ces régions ne fait que conforter un intérêt qui remonte à plus de 30 ans.
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Grand Nord Grand Large est le spécialiste des terres polaires. D’où tenez-vous cette légitimité ?
Notre expérience du monde polaire ne date pas d'hier : l'organisation de nos premiers voyages dans ces régions, remonte à 1982. A l'époque quand nous parlions d'aller au Groenland, les gens nous regardaient comme si nous allions sur une autre planète… Cela fait donc plus de 30 ans que nous les parcourons en tous sens, en toute saison, nouant des contacts et des liens précieux. Nous sommes avant tout des gens de terrain souhaitant faire partager leur passion du grand nord ou du grand sud. Aux voyages plutôt « expé » du début s’ajoutent depuis des activités plus douces. Avec une palette de 300 destinations polaires, Grand Nord Grand Large compte parmi les quelques agences dans le monde vraiment spécialistes des régions arctiques et antarctiques.
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Quelles sont vos destinations historiques, les « places fortes » de GNGL ?
C'est au Groenland que nous avons organisé nos premiers voyages et de fait le Groenland occupe toujours une grande place… mais le Spitzberg, le Nunavut, l'Alaska… la péninsule Antarctique… toutes les destinations polaires sont autant de centres d'intérêt pour GNGL.
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2008 a été déclarée année polaire internationale. Cela a-t-il une incidence sur la conception de vos voyages ?
Oui, cela nous incite à être encore plus vigilant… l'Arctique et l'Antarctique sont des écosystèmes extrêmement fragiles (qui peuvent mettre, quand c’est encore possible, des dizaines d'années à se reformer, ce qui est parfois détruit par le passage d'un simple groupe), nous devons en être les garants en tout temps et en tout lieu. Nous avons d'ailleurs publié une "charte du voyageur dans l'Arctique" que nous demandons à tous nos clients de s'engager à respecter. Aujourd'hui, on parle beaucoup du réchauffement de la planète, dont les pôles sont les premiers touchés ; l'année polaire internationale (pour les initiés, l'API… la quatrième du nom, ayant lieu tous les 50 ans… les précédentes étaient en 1882-83, 1932-33 et 1957-58 ; celle de 2007-08, est la plus vaste opération scientifique pluridisciplinaire jamais entreprise), est entre autre là pour nous le rappeler.
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Quelle approche/destination conseillez-vous à quelqu’un qui souhaite effectuer son premier voyage vers les terres polaires ?
Tout va dépendre de vos aspirations… chaque pays, chaque communauté, chaque saison a sa spécificité. Par exemple : pour voir des millions d'oiseaux, des rennes, des renards polaires… en un mot de la faune arctique, nous vous conseillerons d'aller au Spitzberg en été… mais après il faudra encore décider si c'est en rando kayak, en rando à pied, à la voile ou en croisière. A l'inverse, si vous souhaitez voir plutôt des icebergs plus grands que des pâtés de maisons, rencontrer des gens… nous vous proposerons le Groenland au printemps ou en été… mais là pour la faune, nous avons coutume de dire “Groenland = 55.000 habitants… et 54.999 chasseurs” (que voulez-vous… c'est dans leurs gènes et puis, il n'y a pas de vaches, pas d'élevages !) La faune est très discrète… elle existe, mais à l'inverse du Spitzberg (où il n'y a pas de chasseurs), elle est extrêmement craintive. En fait, si, vous avez le moindre doute, il vaut mieux en parler de vive voix.
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Y a-t-il un dénominateur commun à tous vos voyages ?
Oui et il est très simple : petits groupes, laissant le moins de traces possibles de leur passage.