Notre parrain Nicolas Vanier © Nicolas Vanier/Taiga
Nicolas Vanier

Entretien avec Nicolas Vanier,
parrain de Grand Nord Grand Large

Nicolas, tu es le parrain de Grand Nord Grand Large,
pourquoi as-tu accepté cette mission ?

Tout le monde peut comprendre cette association car le Grand Nord, c’est toute ma vie ! On partage le même respect des territoires et des hommes qui y vivent. Il est vital de transmettre ce respect aux voyageurs qui veulent découvrir ces régions sensibles, c’est pourquoi j’ai accepté cette mission avec plaisir et conviction.

Depuis plus de 30 ans tu mets le cap au nord, qu’est-ce qui t’attire dans ces régions ?

Au-delà de la pureté de ces territoires, j’ai trouvé extraordinaire le rapport charnel qu’entretiennent les hommes avec leur territoire. Ils vivent en harmonie avec la nature et y puisent leur bonheur de vivre.

Quel est ton plus grand plaisir dans les “pays d’en haut ”?

Il n’y a pas un voyage sans rencontres mais j’aime par dessus tout retrouver mes amis Evènes dans les montagnes de Sibérie. Je suis arrivé la première fois par hasard dans un clan, je comptais rester une nuit et je suis resté 6 mois. Les journées étaient rythmées par l’élevage de rennes, la chasse et la pêche. Avec eux les choses se font de manière naturelle. Ils ne jugent pas les apparences. Ce peuple ne possède rien, au sens occidental du terme, et ils ont compris que le bonheur de vivre repose sur l’harmonie avec la planète. Auprès d’eux, chaque jour est un souvenir.

Qu’as-tu appris au contact des chiens de traîneaux ?

A 18 ans je n’y connaissais rien, j’ai appris petit à petit avec des mushers jusqu’à avoir mes propres chiens. Par la suite avec mon attelage, j’ai traversé entre autres l’Alaska, le Labrador, la Laponie ou encore le Grand Nord canadien soit 8600 km “L’Odyssée blanche”, j’ai participé à la Yukon Quest, une course de 1600 km à travers l’Alaska et le Yukon, j’ai aussi parcouru 8000 km entre le lac Baïkal et Moscou lors de “L’Odyssée sibérienne”. Avec mes chiens nous faisons ensemble ce que nous aimons le plus au monde : partir et courir dans des paysages enneigés.

Ces territoires ont beaucoup changé en raison notamment du réchauffement
climatique, qu’as-tu observé ?

Les conséquences du réchauffement climatique sont visibles. Les hausses de températures de 3 à 4 degrés, en accélérant la fonte de la banquise et le dégel du permafrost, permettent d’aller chercher le pétrole et le bois de plus en plus loin. Si ces régions continuent de m’enchanter, je veux dire aussi mon inquiétude.

D’aventurier, tu es devenu ambassadeur de la nature ?

Après avoir été autant touché pendant mes voyages dans le Nord, je souhaite maintenant partager mes indignations et faire en sorte que les lignes bougent.

Un mot pour ceux qui hésitent encore à partir dans le Grand Nord ?

Je ne peux qu’encourager les gens à y aller, surtout que de nombreux villages survivent grâce à une forme de tourisme responsable mis en avant par Grand Nord Grand Large.

Nicolas Vanier

Aller en haut de la page

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies pour disposer de services et d'offres adaptés à vos centres d'intérêts. Pour en savoir plus, cliquez ici.