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Expédition en kayak dans une mer de glace


Photos : Jean-Luc Grossmann

Texte : Jean-Luc Grossmann & Rafic Mecattaf

45 jours en kayak le long de la côte Nord-Ouest du Groenland, à cette période magique de l'année où des journées sans fin s’étirent sous l’éclairage du soleil de minuit. C'est l'aventure vécue par quatre amis, émerveillés par la lumière sur les icebergs et le passage des baleines.

Le soleil est bas, la mer calme. Nous donnons nos premiers coup de pagaie en nous éloignant du petit village de Uummannaq et de sa montagne de gneiss rose en forme de coeur. Nos kayaks pointent vers la côte de l'imposante île de Storøen, à 8 km de distance, avec sa falaise verticale de plus de 1000 mètres de haut qui brille d'un rouge feu et nous attire comme un aimant.
Nous nous situons à une latitude de 70° 40', bien au-delà du cercle polaire arctique. Ici, loin du monde industrialisé, des bruits de la rue et des gens pressés, nous avons tout le loisir de nous donner au spectacle magique de la nature. Sous le soleil de minuit la couleur de la mer vire au bleu pourpre et sa surface devient si lisse que tout s’y reflète comme dans un miroir. Le paysage et son image se confondent. Les flancs des montagnes s’illuminent, les ombres s’allongent et les icebergs semblent être éclairés par un projecteur géant.



Magique
Peu à peu nous nous habituons aux icebergs et jugeons mieux la distance à laquelle nous pouvons nous en approcher. Du flanc de ces montagnes flottantes, si calmes en apparence, de gros blocs peuvent se détacher et en une seconde s’effondrer dans un fracas comparable au bruit du tonnerre. Cette masse de glace qui tombe de plusieurs dizaines de mètres de haut engendre souvent une vague déferlante, remplie de glaçons géants, qui peut être fatale pour un kayakiste. Au cours de notre périple, il nous arrivera de voir, heureusement à un demi-kilomètre de distance, un de ces énormes morceaux de glace tomber et soulever une vague de plus de 3 mètres de haut!
Le fait qu’il fasse jour 24 heures sur 24 ne nous perturbe pas. Nous avons trouvé notre rythme et faisons des étapes de 15 à 40 kilomètres par jour et avançons en moyenne à 5 ou 6 km/h quand le vent ou le courant ne sont pas de face, ce qui est malheureusement souvent le cas. Le vent souffle généralement du Nord, mais quand il fait beau plusieurs jours, il arrive qu’il tourne. C’est alors le vent thermique, venant des terres, qui se lève et peut atteindre jusqu'à force 8!
Parfois, les falaises qui tombent à pic dans la mer nous empêchent d’accoster, et nous devons continuer notre route pendant plusieurs kilomètres avant de trouver un site où établir notre campement. Chaque soir (quand ce n’est pas chaque matin), nous montons notre tente dans des endroits plus beaux les uns que les autres; de vrais petits paradis terrestres que seule la présence de satanés moustiques vient perturber! Nous pêchons, ramassons des moules et faisons nous-mêmes notre pain quand nous avons l’occasion de pouvoir allumer un feu avec des morceaux de bois échoués sur le rivage. Pendant notre sommeil, nous rechargeons les batteries de notre téléphone satellite, VHF, GPS et talkies-walkies à l’aide de nos panneaux solaire. Quand un endroit nous séduit, il nous arrive d’y rester plusieurs jours. Nous en profitons pour faire des randonnées. Celles-ci sont toujours récompensées par des vues incroyables sur des glaciers qui viennent se jeter dans la mer ou des fjords remplis d’icebergs. Au loin nous distinguons la calotte glaciaire dont la surface blanche s’étend à l’infini.
Nous nous lavons dans l’eau de mer et nous rinçons à l’eau douce glaciale des rivières, suivant un rituel que nous avons baptisé, pour rigoler, "le lavage intégral". Les conditions climatiques n’autorisent à renouveler un tel cérémonial que toutes les semaines. Nous tenons notre journal de bord et notons les points GPS de chaque camp, ainsi que les distances parcourues et les heures de départ et d’arrivée.
À plusieurs occasions, nous observons des jets de baleines qui brillent au loin. Généralement nous localisons les rorquals communs grâce au bruit de leur souffle qui propulse le jet d’eau parfois à plus de 10 mètres de haut. Ce son caractéristique se propage sur la mer, et il nous est arrivé de l’entendre à plusieurs kilomètres de distance! Curieusement les baleines sont moin nombreuses que lors de notre première expédition dans la même région en 2005. Nous pensons que ceci est du à la plus grande quantité de glace.


Les caprices de la nature
Au quatorzième jour, nous nous engageons dans le fjord encaissé de Inukavsait. Le ciel chargé de lourds nuages explore toute la palette des gris. La pluie, portée par le vent, me fouette le visage. Je tire énergiquement sur le manche de ma pagaie en scrutant l'horizon sombre parsemé de petites touffes d’écume blanches. Une mouette plane un instant devant la pointe de mon kayak avant de s'élever à une vitesse vertigineuse, son cri perçant aussitôt emporté par le vent. Des nuages s'élèvent en dansant vers les sommets, se déchirent brièvement et nous donnent un aperçu du paysage en laissant notre regard se poser sur des falaises abruptes, des chaîne montagneuses aux formes bizarres, des langues glacières se jeter dans la mer et une arche parfaitement sculptée dans les entrailles d'un gigantesque iceberg. Un paysage aux aspects multiples bien dosés s'offre à nos yeux!
L'atmosphère est suréaliste et nous resterions bien un moment à contempler les caprices de la nature mais il faut savoir écouter son instinct, cette petite voix intérieure qui seule prévoit le danger et dicte la prudence. Sur notre gauche les falaises plongent droit dans les flots, ne nous laissant aucune possibilité d'accoster. Nous avons parcouru 30 km quand à la sortie du fjord de larges plaques de glace nous bloquent le passage. Dans ce labyrinthe de glace, nous restons groupé et pagayons le plus proche possible du bord pour ne pas se faire prendre en tenaille par le pack à la dérive. A plusieurs reprise la banquise côtière est trop épaisse pour se frayer un passage et nous sommes obligé de tirer nos kayaks afin d'atteindre le prochain chenal d'eau libre. La pluie se transforme en gros flocons de neige et le vent tombe. Au quarantième kilomètres nous trouvons enfin un site pour établir notre campement. Nous n'avons plus la force de cuisiner et nous improvisons un repas de fortune. Ce soir là, nous nous endormons en quelques secondes.
Oui, ce fut une longue et dur journée, une de ces journées qui vous donne l'ultime sentiment d'être en vie!


Remy le bourru
Après avoir été forcés pendant plus de deux jours d’attendre sur l’île de Qingussât la fin d’une tempête qui a enfin libéré la mer de l’épaisse couche de pack qui la recouvrait, nous mettons le cap sur le village de Nûgâtsiaq. Dès notre arrivée, les habitants de ce petit village du district d’Uummannaq abritant environ 80 âmes se regroupent autour de nous, admirant nos kayaks flamboyants illuminés par le soleil couchant.
Nous leurs demandons si un certain Remy, contact qui nous avait été indiqué par notre ami Pierre d’Uummannaq, habite effectivement au village. Un vieil homme pointe alors sur une petite maisonnette verte au bout du village devant laquelle pendent des morceaux de chair de phoque qui sèchent au soleil. Nous nous y rendons immédiatement et Remy, un personnage petit de taille, quelque peu dodu et émanant des vapeurs de whisky, nous ouvre la porte très amicalement. Ce Danois d’origine, responsable du générateur électrique du village, s’est installé il y a plus de 30 ans dans ce village du Nord-Ouest du Groenland après avoir tourné le dos à sa terre natale pour suivre son épouse, cette dernière étant malheureusement décédée dernièrement.
Nous entrons dans sa demeure où ses trois enfants suivent avec grande attention et dans un vacarme tonitruant les dessins animés diffusés sur l’une des chaînes danoises. Aux murs pendent des peaux de renards, des cornes de bœufs musqués ainsi qu’une image de mauvaise qualité montrant l’un de ses fils ayant abattu un ours polaire à l'âge de 18 ans.
Remy nous offre une bière, la première après avoir quitté Uummannaq trois semaines plus tôt, et commence à nous raconter dans un français plus que respectable des anecdotes hilarantes issues de son quotidien telles que l’histoire de son fils de 12 ans qui a réussi a lui seul lors d’une partie de pêche en hiver sur la banquise à sortir six requins et à les tirer sur la glace jusqu’au village. Ou encore la technique de pêche au phoque utilisée en hiver qui consiste à effrayer les animaux en fonçant en traineau d’un trou de respiration à l’autre afin de faire sortir l'animal au dernier trou où Remy attend sans bouger pour l'abattre d’un coup de carabine.
Puis Rémy se lève et nous mime la rencontre nez à nez avec un bœuf musqué en hiver alors qu’il se trouve aux toilettes de son refuge de chasse sans fusil et le pantalon baissé...
Et enfin la fameuse journée en 1990 lorsque le générateur électrique a fonctionné pour la première fois à Nûgâtsiaq et que les habitants ont pris la fuite terrifiés lorsque Remy et sa femme ont fait fonctionner l’aspirateur.
Quelques bières plus tard et après avoir goûté différents poissons séchés que Remy nous a généreusement offert, nous prenons congé du très sympathique personnage et rejoignons nos kayaks qui nous attendent sur la plage. A notre grande stupéfaction, nous y trouvons plusieurs habitants du village rassemblés autour de chasseurs qui viennent de ramener deux énormes phoques. Nous les observons avec respect retirer la peau de ces superbes mammifères et alors que nous nous apprêtons à partir, l’un d’eux nous propose de l’aider à dépecer l’un des animaux. Rafic saisit un grand couteau et avec assurance, coupe l’abdomen de haut en bas en faisant attention à ne pas abimer les entrailles. L’un des chasseurs retire alors le foie du phoque encore chaud et nous le tend pour dégustation. Nous acceptons le présent et apprécions cette délicatesse, comprenant que cette source de vitamines a permis à la population Inuit de survivre ainsi durant des millénaires sans fruits ni légumes.
Malgré la gentillesse de nos hôtes, nous ressentons peu à peu l'envie de repartir, de pagayer, de retrouver la nature. La soif d’aventure nous reprend. L’esprit rempli d’impressions fortes, nous repartons, heureux d’être de nouveau sur l’eau avec nos kayaks mais aussi heureux d’avoir rencontré Remy, sa famille et les habitants de ce village qui nous ont accueillis à bras ouverts.


Par monts et par vaux
L’entrée du fjord d’Uvkusigssat n’est désormais plus qu’à une quinzaine de kilomètres, distance qu’il s’agit encore de traverser en mer ouverte. Après un bon dîner par des températures plutôt fraiches, nous grimpons au sommet de l’île afin de repérer notre itinéraire du lendemain. A notre grande stupeur, nous constatons que une fois de plus de grandes plaques de pack bloquent le chemin, ce qui nous laisse penser que le fond du fjord pourrait encore être gelé. Le lendemain matin, nous décidons nonobstant de tenter la traversée en contournant les plaques de pack sur lesquelles des colonies de phoques se reposent insouciants. Après près de trois heures, nous atteignons l’entrée du fjord sans trop de peine mais restons bloqués 500 mètres plus loin par du pack très dense. Alors que le vent se lève et qu’une fine pluie commence à tomber, nous allons nous coucher dans l’incertitude quant à la possibilité de poursuivre notre itinéraire le lendemain.
Au petit matin, nous sommes heureux de constater que durant notre sommeil le vent à "soufflé" la glace et que la pluie a fait place à un sublime ciel bleu. Le rêve de pagayer jusqu’au fond du fjord qui s’étend sur près de 100 kilomètres pour ensuite traverser la terre de J.P Koch à pied semble être à portée de main.
Nous pénétrons dans les entrailles du fjord. Nous sommes les premiers cette année à entrer dans ce territoire pratiquement inconnu et nous savourons la nature intouchée où des torrents gorgés d’eau fraiche provenant de la fonte des neiges se déversent dans la mer où d’innombrables phoques semblent vouloir nous accompagner au bout de notre aventure.
Il nous faut trois jours pour atteindre le fond du fjord, où une zone marécageuse peu profonde nous attend et qu’il s’agit de traverser avant de pouvoir atteindre la terre ferme qui se trouve à encore cinq kilomètres. Nous attendons la marée haute et commençons à remonter la rivière qui provient des montagnes avoisinantes. Après avoir parcouru quelques centaines de mètres, nous sommes forcés d’abandonner la bataille contre un courant bien trop puissant. Nous tirons alors nos kayaks durant plus de quatre heures dans les méandres de la rivière alors qu’une eau à 3º C nous arrive jusqu’aux hanches et que les sables mouvants nous obligent à réagir rapidement. Nous atteignons la terre ferme vers minuit, épuisés, mais également heureux d'être enfin au fond de la baie remplie de Canards et d'oies sauvages qui reste ici durant l'été.
Le lendemain, nous décidons de nous reposer et de procéder à une reconnaissance des lieux avant d’entamer la longue traversée à pied qui nous permettra de rejoindre la région d’Upernavik. Alors que nous nous rendons sur le haut plateau qui surplombe notre campement, nous nous retrouvons soudain devant un couple de bœufs musqués qui ruminent l’herbe bien grasse. Ces derniers ne nous aperçoivent d’abord pas et nous sommes ravis de pouvoir admirer ces bêtes impressionnantes de par leur taille, leur force et leur calme. Nous restons accroupis derrière un grand rocher, quelque peu intimidés, ne sachant que faire. Après une vingtaine de minutes, les bœufs nous repèrent et prennent la fuite en dévalant la pente rocheuse qui s’étend jusqu’à la mer.
Après une bonne nuit de sommeil, nous nous lançons dans la traversée de quatre jours qui restera à jamais gravée dans nos mémoires. Nous formons deux équipes, chacune tirant au moyen de harnais et à même le sol l’un des kayaks avant d’aller chercher le second. Nos embarcations pèsent chacune près de 100 kilo. Nous tirons comme des forcené durant 10 heures par jours et essayons tant bien que mal de rester sur un terrain plat et sans trop de rochers. L’effort physique est intense et la nourriture est fortement rationnée en raison de l’incertitude quant à la durée nécessaire pour atteindre le prochain village. Chacun d’entre nous est amené, au moins une fois, à repousser ses limites autant physiques que mentales.
Nous traversons trois lacs partiellement gelés. De loin, le second lac semble infranchissable, mais en nous approchant nous découvrons un étroit chenal d'eau libre dans lequel nous nous engageons sans perdre de temps par peur que celui-ci ne se referme devant nous. La pointe de nos kayaks fend une couche de petits glacons pointu émettant un son comparable à des millions de clochettes de crystal en mouvement.
Le troisième jours nous atteignons 400 mètres d'altitude et entamons la descente vers la mer. Nous sommes maintenant bien rodé et avancons rapidement. Nous sentons que la mer est proche.
Le quatrième jour, nous atteignons la rivière que nous espérions descendre en kayak mais nous découvrons un torrent déchainé avec un débit d'eau énorme. Se lancer là dedans serait du pur suicide. Malgré notre épuisement, nous décidons de poursuivre directement notre chemin. Les flancs de la rivière sont onduleux. Nous tirons depuis 12 heures d'affilé. Les vallées et les collines s'enchainent. Soudain, au sommet d'un monticule, je vois Sylvain lever les bras en l'air et crier de joie. Je le rejoint. Un bohneur intense m'envahit et en quelques secondes toutes mes souffrances s'éffacent. Là, enfin, en contre-bas: la mer!
Un paysage grandiose s'offre à nous: les méandres étincellantes du Laksefjord contrastent avec les petites iles avoisinantes tel une image en noir et blanc. bientôt Rafic et Thomas nous rejoignent. Un long moment, nous restons là, côte à côte, silencieux, les yeux river sur la mer et nous réalisons ce que nous venons de vivre.


Upernavik
Il est 18h lorsque nous passons la pointe Nord de la petite île de Nunarssuaq. Seulement une trentaine de kilomètres nous séparent maintenant du village de Upernavik. Nous avons le droit, une fois de plus, à une journée splendide. Une légère brise nous pousse vers le sud. Un groupe de guillemots nous survolent. Nous pagayons tranquillement et savourons chaques instants. Après 10 km nous découvrons de belles dalles rocheuses sur lesquelles nous décidons de bivouacer.
Le lendemain le brouillard resté bloqué la veille par les îles plus aux larges a étendu sa nappe blanche sur notre campement. La visibilité est réduite à 100 mètres. Nous longeons la côte de l'île de Karrat et après quelques kilomètres le soleil perce et la brume se dissipe rapidement, faisant place à un ciel bleu vide de nuage. Juste le temps d'un petit casse-crôute et un brouillard dense se remet en place. Cette fois ci nous navigons au GPS. La traversée de 5 km vers l'île de Upernavik se transforme en slalom. Nous contournons les icebergs par la gauche puis par la droite de facon à garder le cap idéal. Soudain l'horizon s'assombrit et la côte de l'île de Upernavik nous apparait à travers la brume. Dans quelques jours notre aventure touchera à sa fin et un sentiment de mélancolie nous envahit. Nous avons parcouru au total 600 km en 45 jours et effectué 350'000 coups de pagaie. Mais avant tout nous avons vécu une aventure intense et inoubliable, au coeur de la vie, au coeur de nous-mêmes.


Jean-Luc Grossmann, 38 ans, dit que l’esprit d’aventure est profondément ancré dans son âme. Jean-Luc est né à Paris et a vécu pendant les 22 dernières années en Suisse où il a créé sa propre société PhotoPulse il y a sept ans. Ses principaux secteurs d’activité sont la photographie événementielle, industrielle et “people”. Sa passion pour la photographie de gens et de paysages et sa soif d’aventure et de découverte l’ont emmené dans de nombreuses régions de notre planète. Ses destinations favorites sont le Groenland, les Hébrides Extérieures, Madagascar, Cabo Verde, l’Australie et la Namibie.
Jean-Luc et son frère Sylvain ont déja éffectué plusieurs expéditions ensemble et sont sponsorisé entre autres par greenland.com, Prijon, Exped, MSR, SealLine, Platypus, Artistic Sportswear.
Pour cette expedition au Groenland, deux amis de longue date, Rafic Mecattaf et Thomas Truninger complétaient l'équipe
Les images de Jean-Luc fascinent par le jeu de la lumière et de l'ombre tout autant que par leur parfaite composition. Pour contempler des images à couper le souffle d'autres expeditions et aventures, visitez le site www.photopulse.ch/topgalleries

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