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| Raid à ski à Ittoqqortoormiit |
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Photos Ittoqqortoormiit |
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| ©Didier CHEVALIER |
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Dimanche 28 avril, nous quittons l’aéroport de CP pour remonter le Hurryfjord, puis la grande vallée de Klitdal. Le temps est très beau est déjà presque chaud (-3°C). Pendant 3 jours nous remontons cette vallée orientée exactement nord Sud. Le vent de nord peut y être tellement fort que la neige est complètement soufflée et il nous faut faire de long détours pour aller chercher les plaques de neige. Du coût le paysage en est surprenant. Nous voila au beau milieu d’une vallée sèche au pays de la neige et des glaces.
Le 4 ème jours nous obliquons à l’est pour passez un col et plonger sur le Storfjord et la cote est. Le temps commence à changer et les journées de printemps que nous avions jusque là cède la place à un fort vent de nord et à la neige, nous voila rassuré on est bien au Groenland.
Le paysage aussi change et presque aussi brutalement que le temps. Le col de Triasdal passé et voila que se découvre un relief très alpin, des montagnes de 1400 m sortent de la mer (plutôt de la banquise) d’un seul jet, se ne sont que succession d’aiguille de granit, de falaise et de parois toute plus vertigineuse les unes que les autres ; à perte de vu. Imaginer la mer à Chamonix.
Le temps reste à la neige pour 4 jours, mais la visibilité et bonne et le vent favorable puisque qu’il vient du nord et que nous allons au sud. Sur une belle banquise nous progressons assez facilement malgré quelques zones plus tourmentés et nous faisons nos 15 km par jour le long de cette magnifique cote est ou se succèdent glaciers et parois. Nous traversons les fjords les uns après les autres, certains comme le Horsen sont remplis d’iceberg au formes étranges, qui nous laissent imaginer leurs long périples et leur histoire mystérieuse et tourmenté.
Le 7 mai c’est le grand beau, le ciel comme pour s’excuser de tant de vent de neige et de nuages nous dévoile son bleu le plus profond et le plus limpide ; Par contre le thermomètre chute et nous affiche -21°C.
Toujours cap au sud et nous arrivons le 8 mai à la cabane de chasse de cap Hoegh. Nous voila avec de nombreux voisins (parfois plus de 50) : les lièvres arctiques. Nous profitons de cette confortable cabane pour prendre un jour de repos et soigner les premiers petits bobos (ampoules, ophtalmie et autres). Puis dans la nuit (plutôt, notre sommeil car il ne fais plus nuit) un drôle de vacarme nous réveille, comme des rires moqueurs, serait on en train de se foutre de nous ? Une fois réveillé on s’aperçoit que se ne sont que les guillemots qui viennent d’arriver de leurs longue migrations. C’est le printemps !
Le 13 ème jour nous quittons la banquise pour retourner sur terre, on remonte alors un col assez raide qui nous ferra basculer au sud sur le village d’Ittoqqortomiitt. C’est le passage utilisé par les chasseurs Inuit pour se rendre sur la cote pour chasser l’ours et le phoque. Nous campons au col, c’est une bonne idée, puisque dans la soirée, un vent de nord de plus de 70 kmh souffle c’est l’occasion de tester la solidité des tentes… mais il faut dire qu’après 20 km et plus de 400 m de dénivelé à ski et pulkas on est content de s’arrêter, même sur un col !
Le lendemain nous descendons sur Ittoqqortomiitt à nouveau sous la neige. Bien avant d’apercevoir le village, nous l’entendons et ces surtout les chiens qui se manifestent, car ici il y en a plus que d’habitant. Quelle transition après 15 jours de calmes et de solitude.
Mais nous ne nous arrêtons pas et continuons encore plus au sud pour le petit village d’Unarteq. Il y vit encore 2 chasseurs (dont le meilleur de la région), sa maison est facile à trouver, c’est celle ou il y le plus de peaux d’ours tendues sur les séchoirs. Unarteq et un beau village, il est sur un cap d’où la vue sur le fjord est superbe, en plus c’est la que se trouve les pollinies, zone d’une incroyable richesse faunistique. Et puis aussi il y des sources d’eau chaudes c’est laque nous monterons notre camps, c’est bien pratique pour faire une petite toilette. Nous y flânerons deux jours et y feront une transition avant un retour définitif vers la civilisation et l’aéroport ; c’est en quelque sorte un palier de décompression, comme pour les plongeurs.
Il faut bien ça tellement la beauté et la magie de se coin du monde est grande. Voila un superbe raid de plus de 180 km réalisé. C’était des kilomètres de banquise, de montagne de glaciers et surtout de pur bonheur ; Intemporel, sauvage et magnifique…
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