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| Mike Horn est reparti. Expédition HIVERNALE Pôle Nord géographique |
Il y a une semaine que Mike et Borge ont quitté la Suisse. A Norilsk, ils ont attendu que la météo leur permette de partir.
Cette expé se fait intégralement de NUIT, sauf à l'approche du Pôle
60 jours de suspense, le Pôle est atteint ! Bravo Mike et Borge.
les nouvelles les plus "fraîches" sont celles qui se présentent en début de lecture.
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image Google Earth
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Jeudi 23
Mars 2006 : UNE PREMIERE DANS L'HISTOIRE, LES EXPLORATEURS POLAIRES MIKE
HORN ET BORGE OUSLAND ETABLISSENT UN NOUVEAU RECORD
En 60 jours et 5 heures,
Mike et Borge sont les premiers hommes à atteindre le Pôle
Nord à pied, sans assistance, durant l'hiver arctique. Le 22 janvier
dernier, Mike Horn et Borge Ousland partaient pour une première
: parcourir les 1000 km jusqu'au Pôle Nord dans l'obscurité
de l'hiver arctique, sans moyens motorisés et sans chiens. Aujourd'hui
à 16h00 GMT, Mike et Borge ont atteint le but fixé. Ils
sont arrivés au Pôle Nord très fatigués mais
heureux. Mike appelle depuis la 90ème latitude : "C'est fantastique
d'être enfin au Pôle Nord. Cet endroit mythique, où
il n'y a rien est simplement magnifique. C'est incroyable ici ! Borge
et moi avons marché longtemps dans des conditions souvent extrêmement
difficiles, mais nous y sommes ! Notre joie est indescriptible ! Nous
sommes seuls ici, debout sur le "sommet" du monde. C'était
un voyage plein de rebondissements. Nous avons dû marcher des jours
et des jours dans la nuit complète, nous avons rencontré
des ours polaires, nous avons eu des problèmes de matériel,
nous avons traversé des zones d'eau ouverte à la nage à
plusieurs reprises, le tout par des températures extrêmes
allant jusqu'à - 50°C. Nous aurons beaucoup de choses à
vous raconter à notre retour. Borge et moi avons bien collaboré,
amenant chacun sa grande expérience, ça n'a pas toujours
été facile, mais nous avons allié notre savoir et
notre expérience et à chaque fois nous avons pu nous en
sortir. C'est un sacré voyage que nous avons fait là et
je suis fier d'avoir pu le partager avec Borge." Depuis 61 jours,
Mike et Borge marchent quotidiennement 10-12 heures en tirant leur luge
de 160 kg bravant les températures extrêmes de l'Arctique
et dans la nuit totale 24 heures sur 24 durant la plus grande partie de
l'expédition. Il n'y a que quelques jours qu'ils ont pu distinguer
les premières lueurs du soleil à l'horizon. Mike et Borge
ne sont pas loin de l'épuisement . Avec uniquement deux jours de
repos depuis le départ, ils ont vraiment besoin de récupérer.
Ils souffrent de petites gelures qu'il faut surveiller et leur corps manque
cruellement de liquide et de vitamines. "Nous avons décidé
de bivouaquer au Pôle encore quelques jours. Ca a été
si dur d'y arriver que nous voulons juste nous asseoir et profiter de
ce moment mémorable. Les Russes vont venir nous chercher avec un
hélicoptère dans quelques jours et nous ramener à
la base flottante de Barneo, située à environ 100 km du
Pôle. Nous devrons attendre encore une semaine en compagnie des
Russes avant que le premier vol commercial puisse atterrir ici. Par ce
vol arriveront nos familles, amis, journalistes et sponsors. Nous allons
faire une grande fête sur la banquise avant de retourner en Europe.
Tous nos remerciements vont à tous ceux qui nous ont soutenu, Borge
et moi, durant toute l'expédition, à tous les gens qui ont
envoyé des e-mails, à nos sponsors et bien évidemment
à nos familles"
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57ème jour : LA DERNIERE LATITUDE ATTEINTE !
"A nouveau 10 heures
de marche et 27 km de plus ! Borge et moi, nous sommes maintenant bien
rodés. Nous avons nos habitudes quotidiennes et chacun a ses corvées.
Nous avons tout sous contrôle et tout roule comme une horloge. Nous formons
une bonne équipe. Sitôt la tente montée, le soir nous commençons à brosser
la glace sur nos habits. Il faut environ 2 bonnes heures et demie avant
de pouvoir savourer un repas chaud et finalement nous écrouler de fatigue.
Les journées sont longues et froides et les efforts fournis sont énormes.
Une journée mémorable aujourd'hui, pas uniquement par ce que nous avons
atteint la 89ème latitude, mais parce que nous sommes à moins de 100 km
du Pôle (97 pour être exact). Nous prévoyons d'y être dans 4 jours et
si par chance la dérive est avec nous, peut-être même dans trois jours.
Le temps n'était pas trop mauvais aujourd'hui, la température était de
-28°C. Ce matin, nous sommes partis avec le jour blanc avec un vent assez
violent du nord-est (5m/s), mais les conditions se sont améliorées au
cours de la journée et nous avons pu profiter du soleil au dessus de l'horizon.
Les réparations faites sur les skis de Borge semblent enfin tenir bon.
Nous espérons que ça aille jusqu'au Pôle. Il doit faire très attention
où il pose les pieds, parce que je doute qu'il puisse les réparer une
fois de plus. J'ai l'estomac un peu barbouillé et j'ai des nausées. Je
ne sais pas à quoi c'est dû, peut-être la nourriture ou à cause des vasodilatateurs
que je prends, ou peut-être simplement une fatigue générale. Nous n'avons
pris que deux jours de repos jusqu'à maintenant, le 15ème et le 29ème
jour. Quand nous serons au Pôle, nous pourrons nous reposer, mais pour
le moment nous continuons. Je pense que mon estomac ira mieux demain,
après avoir mangé et dormi. A demain !" (Trad. Philippe Varrin)
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54ème jour : EPUISE PAR LE FROID !
"J'ai parlé trop vite en
disant que la température remontait ! Le froid nous a épuisé une nouvelle
fois aujourd'hui, en descendant à -38°C (sans le facteur vent). Le vent du
nord était changeant toute la journée, parfois même c'était le calme plat.
Il a fouetté notre visage et notre nez en mauvais état ! C'est
inimaginable de penser qu'il y a 10 jours que nous marchons par des
températures de -35°C à -40°C, sans aucun signe d'amélioration. Les luges
collent à la glace, il faut une éternité pour faire bouillir l'eau, les
inconvénients sont innombrables, sans parler de l'inconfort ! "Après avoir
marché 10 heures aujourd'hui nous avons fait 22 km, en dérivant vers le
sud de 0,3 km/h. Le mental va bien et nous avançons gentiment vers le
Pôle. Plus que 172 km. Je me réjouis de manger des gâteaux, du fromage et
du chocolat. et de retrouver un bon lit ! "
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53ème jour : LA TEMPERATURE REMONTE !
Mike a parlé d'une journée
un peu meilleure aujourd'hui, assez semblable aux autres jours au début,
avec un fort vent du nord qui est finalement tombé en cours de journée.
La température a grappillé quelques degrés aussi. "Il fait -29°C
ce soir et sans vent" raconte Mike. "Beaucoup plus agréable
que les jours précédents ! Nous campons à 88°16'35''N 85°45'47 E. Nous
nous sommes réveillés ce matin trois km plus au sud que le soir précédent.
Nous essayons d'avancer le plus possible, mais la banquise nous pousse
au sud. Comme le vent s'est calmé, nous espérons moins dériver cette nuit.
La glace est toujours semblable, par moment lisse et tout à coup c'est
un amas de glace brisée. Les skis de Borge tiennent le coup. Il va mettre
quelques vis en plus ce soir et ça devrait tenir jusqu'au Pôle. En 10
heures de marche nous avons parcouru 22 km, il ne nous reste donc plus
que 192 km pour atteindre le Pôle ! On peut voir une petite lueur du soleil
poindre à l'horizon. Dans une semaine le soleil va se lever et il fera
jour 24 heures sur 24. C'est assez incroyable en passant de la nuit complète
que nous avons eue au départ ! Incroyable aussi de penser qu'après tous
ces efforts, nous allons bientôt atteindre le but et être au Pôle Nord.
Salutations" Mike (Trad. Philippe Varrin)
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51ème jour : UNE JOURNEE DIFFICILE DANS UN VENT GLACIAL
"Borge et moi sommes
actuellement au point 88°00’23’’N, 89°26’04’’E. Ce fut une des journées
les plus exigeantes de l’expédition. La journée a commencé par une température
de -34°C, et un vent de face en continu. Actuellement le vent est tombé,
mais il fait -37°C. Le vent nous prend une telle énergie, qu’on ne peut
simplement pas continuer à cette allure. Nous sommes les deux de plus
en plus fatigués, complètement exténués, et le vent glacial nous prend
toutes nos forces. Nous avons résisté durant 10 heures. Nous avons promis
de faire de notre mieux, et c’est ce que nous faisons. Toutefois, il faut
être un peu sensé et préserver notre santé. Je souffre beaucoup des gelures
aux doigts, les bouts des doigts sont ouverts. Les pieds de Borge ne se
réchauffent plus et il a des douleurs dans le talon droit, à cause des
longues marches sans pauses. A partir de maintenant, il faut être raisonnable
dans ces conditions extrêmes et penser à notre sécurité. Il y a encore
du chemin à faire. Demain, nous allons lever le pied et retrouver un rythme
moins astreignant, en marchant 10 heures, et ne plus prolonger nos journées
au-delà de 24 heures. Nous ne pouvons simplement pas continuer de nous
battre contre la nature ainsi. Nous devons attendre que les conditions
soient plus favorables si nous voulons reculer les limites mais le vent
et le temps ne sont vraiment pas de notre côté ! Selon les prévisions
nous devons nous attendre à un vent du nord et des températures basses
toute la semaine. 88°N, une des journées les plus dures. Nous sommes très
éprouvés, mais heureux de penser qu’il ne reste plus que deux degrés de
latitude. Le but de l’expédition est d’atteindre le Pôle d’un façon raisonnable.
Nous arriverons au Pôle avant la fin mars, avant la fin de l’hiver et
ça, c’est pour nous un gros exploit. Avec ces conditions nous pouvons
nous estimer heureux d'arriver sain et sauf. Avec les grosses difficultés
et les défis derrière nous, nous pouvons maintenant continuer à une allure
normale et arriver quand la nature sera prête à nous accueillir. Salutations
à tous ! Mike" (trad. Philippe Varrin)
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50ème jour : LE FROID PERSISTE !
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-37 °C sans le facteur vent ! C'est TRÈS froid,
et bien que les prévisions météo annoncent un réchauffement, on n'en a
pas l'impression. Le vent a légèrement tourné et il vient maintenant du
nord-est, mais nous dérivons toujours vers le sud d'environ 4 km par jour.
Douze heures de marche dans ces conditions c'est très dur, mais on s'y
habitue, ça en devient presque une routine. 23 km aujourd'hui. La glace
était relativement plate aujourd'hui avec par endroits quelques blocs
de glace et des amoncellements de neige. Nous avons longé de nombreuses
brèches qui par chance étaient toutes orientées nord-sud, nous avons donc
quand même pu avancer dans la bonne direction pour trouver un passage.
Le matériel tient le coup. Chaque jour qui passe, nous mangeons environ
1,1kg de nourriture et brûlons 30g de fuel, donc de jour en jour nos luges
s'allègent. Actuellement nous tirons environ 90 kg. Au début, nous avions
160kg derrière nous. Notre bivouac se situe à 87°43'44N 89°45'07 E. Nous
avons déjà brossé la glace accumulée sur nos vêtements, nous avons déjà
mangé et maintenant c'est l'heure de dormir ! Comme je rêve d'un lit chaud
! C'est pratiquement impossible de dormir avec ces températures ! A demain
!'
49ème jour : ENCORE PLUS FROID QU'HIER !
Mike a appelé depuis la
position 87°37'442N, 90°37'092E à 21h30, heure suisse. "J'appelle plus
tard que d'habitude, parce que nous faisons maintenant des journées de
26 heures. Ce qui signifie que vous recevrez notre rapport quotidien deux
heures plus tard chaque jour." "Il fait incroyablement froid ! La température
est encore plus basse qu'hier, -40°C ! Ce matin le vent soufflait toujours
du nord-ouest, mais heureusement il est tombé durant
la journée. Demain la température devrait remonter un petit peu (on le
souhaite tout au moins). Normalement, à cette période de l'année, il devrait
faire -25°C, -28°C, donc -40°C c'est très bas. Mon nez semble avoir des
gelures qui devraient toutefois guérir. Mes doigts me font également
souffrir, mais ça ira. Nous avons marché nos 12 heures aujourd'hui à travers
la banquise et malgré la dérive vers le sud nous avons réussi à parcourir
25 km. Borge et moi sommes comme des robots, un pied devant l'autre, heure
après heure. Une chose est certaine, nous sommes heureux de voir le Pôle
se rapprocher, plus que 265 km ! Avec Borge nous collaborons bien. La
combinaison de nos connaissances et de notre expérience font de nous une
bonne équipe. Salutations à tous !" (Trad. Philippe Varrin)
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48ème jour : ENCORE UNE JOURNEE GLACIALE
| "Nous avons une nouvelle
fois dû supporter des températures très basses aujourd’hui. Nous avons marché
12 heures par -38°C (sans le facteur vent) et le vent du nord-ouest (4m/s)
qui soufflait sur nos visages. Mes doigts ne résistent que 8 heures dans
ces conditions, après ils commencent vraiment à faire mal. Ça ne s’améliore
finalement que lorsque je suis dans la tente et que je peux me réchauffer
avec une tasse de soupe. Nous nous en sommes bien sortis dans ces conditions,
puisque nous avons réussi à avancer de 23 km, même avec une dérive vers
le sud de 0.3 km/h. On aurait tendance à penser que les luges glissent bien
quand il fait si froid, mais en fait pas du tout ! La neige est sèche et
on a l’impression de tirer nos luges sur du papier de verre. Nous avons
aussi dû faire la trace, car la neige s’accumule. Le seul avantage de ces
températures est que l’eau ouverte gèle complètement et la glace est assez
épaisse pour pouvoir marcher dessus. Borge répare les peaux de ses skis
ce soir. Elle s’usent là où le ski plie. Espérons que demain il fasse plus
chaud ! " Mike (trad. Philippe Varrin) |
46ème jour : LA COURSE AU PÔLE
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La journée commençait
plutôt mal avec une très mauvaise visibilité et un
fort vent de sud, mais à notre grande surprise, les vents diminuèrent
et la température remonta doucement. Nous avons environ -15°C.
Nous pensons que c'est le calme avant la tempête. Des vents très
violents sont prévus avec une forte baisse de la température.
Mes doigts ne vont pas aimer çà !
Nous avons progressé
de 26 km aujourd'hui. Globalement, c'est une bonne journée. Borge
et moi avons décidé aujourd'hui de faire une course au Pôle.
Nous envisageons une moyenne de 1 degré en 3 jours, ainsi nous
pensons que nous pourrons faire les trois derniers degrés en douze
jours, ce qui nous amènerait au Pôle le 21 mars. Nous espérons
alors que nous pourrons camper au Pôle en prenant le temps de nous
reposer et apprécier l'immense travail accompli. Ce doit certainement
être un grand moment cette arrivée au Pôle ! Cependant,
tout peut arriver et nous sommes à la merci de la nature et nous
ne devons pas l'oublier. Nous sommes tous les deux très fatigués
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43ème jour : DES OURS PARTOUT !
| "Encore
une journée passionnante pour nous et probablement une des plus dures aussi
!" raconte Mike, lors du téléphone de cet après-midi. "Nous avons
progressé de 25 km par un fort vent d'est. La température a une nouvelle
fois chuté. Il fait très très froid et nous prenons toutes les précautions
nécessaires pour protéger nos pieds et nos mains. Je prends des vasodilatateurs
et de l'aspirine pour mes doigts douloureux. Mon pouce va bien, ou tout
au moins, ça n'empire pas, mais la température ici ne favorise pas l'amélioration.
Les ours étaient partout aujourd'hui. Notre ami d'hier est revenu nous dire
bonjour ce matin et une fois de plus il a déchiré la toile de ma luge. A
un moment, il était à 3 mètres de nous. Nous avons tiré une fusée pour lui
expliquer poliment qu'il était un peu trop proche à notre goût. Ça l'a fait
partir. Plus tard, une mère et ses deux petits nous ont rendu visite. Les
petits, très curieux sont venus tout près, tandis que la mère restait en
arrière en observation. Ils ne montraient aucun signe d'agressivité et ne
semblaient pas vouloir nous faire de mal. Ces ours sont magnifiques, des
bêtes en bonne santé qui n'avaient apparemment pas faim. Ils étaient juste
curieux, ce qui est compréhensible. Nous avons suivi une faille durant 2
heures et demie aujourd'hui. C'était parfaitement plat et la glace assez
solide pour pouvoir marcher dessus. Nous avons trouvé de l'eau ouverte,
c'est là que les ours se dirigent aussi, à voir les nombreuses traces rencontrées.
C'est surprenant de rencontrer autant d'ours à cette latitude. Habituellement,
on peut en voir un ou deux, mais jamais autant. C'est probablement une des
conséquences du réchauffement global qui les pousse un peu plus au nord
chaque année. Nous espérons que la température remonte un peu. C'est littéralement
impossible de faire quoi que ce soit dans ce froid extrême et la présence
des ours ne favorise rien. Nous allons bien. Les rations de nourriture devraient
être suffisantes pour nous mener au bout de notre voyage. Le seul gros souci
à ce stade, ce sont les skis. Espérons qu'ils tiennent bon ! A bientôt Mike
(Trad. Philippe Varrin). |
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36ème jour : NOUVEAU RECORD, 30km !
| Mike et Borge ont appelé
depuis 84°52' N 100° 01' E."Nous avons fait 30 km aujourd'hui ! Les
conditions étaient magnifiques, alors nous avons marché durant 11 heures
afin de mettre un peu de distance derrière nous. Si on tient compte des
réserves de nourriture, nous devons faire une moyenne de 19 km par jour
pour ne pas finir affamé ! C'est un peu limite, alors nous préférons prendre
de l'avance tant que c'est possible. C'est important de mettre toutes les
chances de notre côté. Le vent est violent et vient du sud-est à 8 mètres
par seconde. La banquise dérive nord-est à environ 0,5 km/h. Le ciel était
clair aujourd'hui, avec quelques nuages épars et beaucoup de neige soufflée.
Nous avons eu le plaisir de pouvoir éteindre nos lampes frontales durant
trois heures aujourd'hui et de malgré tout voir où nous posions nos pieds.
Seuls quelques petites brèches aujourd'hui, mais pas de natation ! Comme
ce serait bien si les conditions pouvaient rester ainsi. ! Les piquets de
la tente nous causent bien des soucis. Cette fois c'est Borge qui a eu la
mauvaise surprise, le piquet de la tente lui est resté dans les mains. Nous
avons essayé de le réparer encore une fois et espérons qu'il tienne encore
un mois dans ces conditions. Ils ne résistent simplement pas au froid extrême.
Nous sommes maintenant à 400 km du Cap Artichesky et il nous reste 574 km
jusqu'au Pôle. C'était à peu près à cette latitude que je m'étais gelé les
doigts durant ma première tentative pour rallier le Pôle Nord. Je suis vraiment
content de pouvoir passer ce point et de constater que tout va bien. Nous
allons essayer d'envoyer de nouvelles photos demain, mais pour le moment
je dois aller dormir ! Salutations à tous !" (Trad. Philippe Varrin)
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33ème jour : MIKE TOMBE A L’EAU !
| Mike a appelé plus tôt que
prévu aujourd’hui, depuis leur bivouac (84°17’41N 102°49’09’’E). "Nous
ne nous sommes pas arrêtés plus tôt à cause du vent, mais parce que je suis
tombé dans l’eau" explique-t-il, "et pas seulement une, mais deux
fois ! Nous sommes partis tôt ce matin et nous avons marché une demi-heure
par un fort vent du nord-ouest. Comme nous nous y attendions, ces vents
ont brisé la glace et des failles sont apparues. La neige soufflait dans
toutes les directions et la visibilité était si mauvaise qu’il était pratiquement
impossible de distinguer la pointe des skis. Mon pied est parti dans l’eau
dans la première brèche qu’il a fallu traverser. Je me suis rattrapé de
justesse, mais mon pied était mouillé. Nous n’avions pas d’autre choix que
de monter la tente et allumer le réchaud afin de sécher ma chaussure, avant
que je ne me gèle les orteils. Ça nous a occupé toute la matinée, mais après
que mon soulier a séché, j’ai changé me chaussette et nous sommes repartis.
Tout allait bien. Nous avons marché 11-12 km et nous avons rencontré une
autre brèche. Borge avait trouvé un bon passage pour traverser, tout au
moins c’est ce qu’il pensait ! Il a traversé en premier sans problèmes,
puis ce fut mon tour. La glace était fine et j’ai senti la glace craquer
sous mes pieds. Elle a commencé à se briser. Cette fois-ci, je n’ai pas
pu me récupérer. La fissure entre mes pieds s’est agrandie et je suis tombé
dans l’eau jusqu’à la taille, puis j’ai réussi à m’agripper à la glace pour
m’extraire de l’eau. Immédiatement je me suis roulé dans la neige. Ainsi
la neige a collé à mes habits et a eu pour effet d’absorber l’eau, qui a
immédiatement gelé. J’ai pu ensuite brosser mes habits pour enlever cette
glace. Une grande partie de l’humidité extérieure est partie, mais mes sous-vêtements
restaient trempés. Borge, pendant ce temps, était déjà en train d’installer
la tente. Cette fois, ce sera une grosse entreprise de séchage. Maintenant
tout va bien. Le réchaud fonctionne toujours. Nous avons des réserves de
fuel à cet effet. Nous avons réussi à sécher les habits à 80%. Je pense
que d’ici demain matin nous pourrons repartir comme d’habitude. J’ai eu
de la chance que la température ne soit pas trop basse, -15° (sans le vent).
Ces prochains jours il faudra faire très attention. Assez de natation pour
le moment ! 637 km jusqu’au Pôle !’ Mike (Trad. Philippe Varrin)
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32ème jour : Ça s'annonce bien !
| Après 9 heures et demie de
marche et 20km parcourus vers le nord, nous sommes à 650 km du Pôle. Ça
s'annonce bien ; 32 jours derrière nous, il reste 38 jours jusqu'à la fin
de l'hiver. Nous sommes optimistes, nous allons y arriver. Nous avons dérivé
de 2 km au sud la nuit dernière, mais maintenant la glace dérive au nord-ouest.
C'est étrange, Chaque fois que la dérive joue en notre faveur, le vent tombe
et c'est le calme plat. Est-ce que ce ne serait pas le calme avant la tempête
? Il semblerait que le mauvais temps nous touchera demain, ou peut-être
vendredi. Il faut s'attendre à des vents à 15 mètres par seconde et des
températures très basses. Le problème avec le vent, c'est que des vagues
se forment sur l'océan et créent une pression qui brise la glace. L'eau
devient libre et d'énormes blocs de glace sont poussés à la surface et forment
de gros obstacles à franchir. Aujourd'hui, par contre, la glace était super.
Il y a eu encore pas mal de fissures à traverser, mais par chance, nous
avons presque chaque fois pu trouver un moyen de les contourner, une seule
fois nous avons dû nager. Pour le moment nous continuons comme d'habitude,
c'est toujours la même routine. Quand nous quittons le bivouac le matin,
nous marchons 2 heures et demie sans nous arrêter, afin de mettre de la
distance derrière nous et profiter de l'énergie fournie par notre petit
déjeuner à base de céréales. Par la suite, chacun à son tour prend la tête
et nous changeons toutes les 80 minutes durant la journée, comme cela nous
avons cinq pauses. Les luges sont de plus en plus légères. Nous nous sentons
forts et le matériel fonctionne bien. Si ça continue comme cela, nous serons
bientôt au Pôle ! Salutations à tous. |
28ème jour : L'inatteignable 84ème degré !
| Deux pas en avant, un en
arrière ! Ça ressemble un peu à çà, explique Mike. Après 9 heures
de marche, Nous avons avancé de 17 km, mais le GPS n'indique que 8 km. Nous
avons dérivé vers le sud à 0,5 km/h. Les pires conditions que nous puissions
rencontrer, c'est un vent du nord-ouest (aujourd?hui à 5-7 m/s), car ce
courant nous fait dériver vers le sud. Si le vent vient du nord-est, c'est
mieux pour nous, car nous dériverions vers l'est, au lieu du sud. Ceci à
cause de la rotation de la planète. Nous avons dû relever un beau défi ce
matin : une fissure de 300 m dans la glace à franchir. A 6 heures du matin,
tu n'as pas vraiment envie de plonger dans l'Océan Arctique. Et bien nous
l'avons fait ! Nous avons enfilé nos combinaisons de natation (aussi appelée
combinaison de survie, que nous portons par-dessus nos vêtements et qui
est complètement étanche) et nous avons sauté dans l'eau. Borge a pris la
tête et avec la force de son corps a commencé a briser la glace. Borge tenait
deux cordes et tirait les luges par l'avant. Je le suivais et poussait les
luges par l'arrière. Nous avons eu raison de passer la nuit et d'attendre
avant de traverser cette brèche, parce que la seconde moitié était suffisamment
gelée pour pouvoir marcher dessus. Nous avons réussi et sommes contents
! Borge et moi avons décidé de prendre un jour de repos demain. Nous avons
discuté ensemble et décidé que ça serait mieux pour nous, psychologiquement,
de nous arrêter et de reculer, plutôt que d'avancer et de reculer en même
temps. Nous préférons avancer et dériver vers l'avant et doubler la distance
dans les jours à venir (pas clair ?!?!). De toute manière demain sera une
journée réparation. Nous avons beaucoup de choses à vérifier. Un piquet
de tente a commencé de se fissurer à la jointure. Borge l'a déjà réparé
avec du fil de fer. Je dois réparer la housse de ma luge, les peaux de mes
skis et je passerai le reste de la journée à vérifier mon matériel. A part
cela, les journées ont été dures et nos corps ont besoin de repos. Nous
ne parlons pas beaucoup avec Borge, nous marchons, mangeons et dormons !?
Mike (trad. Philippe Varrin) |
14.02.06 25 ème journée : 27 km aujourd’hui !
Mike et Borge ont battu leur record de distance, 27 km !
" Tous les éléments étaient de notre côté aujourd’hui. Nous avons eu la chance de dériver nord-ouest à 0.3 – 0.6 km/h,
ce qui nous a poussés dans la bonne direction et en plus les luges glissaient formidablement bien, sur une fine couche de neige fraîche.
Maintenant que nous avons franchi la latitude 83, nous pouvons constater la différence dans la glace.
Ici, les blocs de glace sont plus épais et solidement compressés les uns contre les autres.
Il y a quelques jours encore, la glace était plus mince et sous la pression, elle pouvait se casser et former d’énormes monticules qu’il fallait escalader.
Actuellement, un vent du sud-est souffle à 10m/sec. Mais il semble que le vent va tourner et venir du nord.
Ce n’est pas très bon pour nous si ça arrive, parce qu’une nouvelle fois nous aurons le vent de face et nos nez vont geler.
Il semble que mon nez soit plus sensible au froid que celui de Borge, c’est probablement à cause de mes 27 mois autour du cercle arctique !
Les narines et le bout du nez commencent à devenir noir. Nous allons vraisemblablement attendre ce vent de face du nord pour prendre notre prochain jour de repos.
C’est important pour nous de bouger quand c’est possible. Si nous continuons à une moyenne de 20km par jour, nous aurons assez de nourriture pour atteindre le Pôle Nord,
mais nous préférons être prudents et nous gardons trois jours de nourriture en réserve, juste au cas où.
Encore 741 km ! On se rapproche ! " |
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10.02.06 - EVITER LES GELURES !
| Pas de messages hier, mais
il semble que Mike et Borge ont été contraints de s’arrêter tôt, car Mike
avait des problèmes avec ses doigts. Le thermomètre indiquait –36°C (sans
tenir compte du vent) Borge raconte : « Nous avons dû installer le bivouac
et nous réfugier dans la chaleur de notre tente, car Mike commençait à avoir
des problèmes avec ses doigts. Je lui ai prêté mes gants en laine norvégienne
et j’espère que ça va lui permettre de les réchauffer. Mike a eu les pouces
gelés lors d’une autre expédition et c’est une lutte constante pour maintenir
ses mains et ses doigts au chaud lorsqu’il fait froid. Le froid c’est un
vrai défi, mais malgré tout, on s’en sort bien, tout fonctionne parfaitement.
J’ai très froid aux pieds, mais maintenant j’ai trouvé un moyen d’y remédier
: Je mets des bouteilles d’eau chaude dans mes bottes. Aujourd’hui je n’ai
pas rencontré de problèmes. » Chaque soir, Mike et Borge passent plus d’une
heure dans leur tente à brosser la glace et la neige sur leurs habits et
leur matériel. La plupart de cette glace vient de la condensation due à
la transpiration sur les gants, la veste et la protection faciale. Cette
façon de faire quotidienne est vitale parce que les vêtements gèleraient
complètement et seraient inutilisables. Mike et Borge traversent encore
et toujours d’énormes blocs de glace, et rencontrent parfois de l’eau entre
deux. La dérive de la glace joue pour une fois en leur faveur, en les poussant
vers le nord, ce qui est fantastique ! Selon les prévisions météorologiques,
ils peuvent s’attendre aux mêmes conditions ces prochains jours. Chaque
kilomètre supplémentaire franchi les rend heureux. Hier ils ont avancé de
12 km, plus 4 km grâce à la dérive et aujourd’hui, 17 km, la meilleure journée
depuis le départ ! Mike et Borge sont à 840 km du Pôle Nord. Hier la position
GPS du camp était 82°17’36’’N, 106°06’E. |
O8.02.2006- 18ème JOUR : LE JOUR LE PLUS FROID !
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" Une journée
assez pénible aujourd’hui, mais par chance nous avançons. Durant nos 7 heures
de marche, nous avons fait 10 kms. Nous nous enfoncions dans de la neige
profonde ce matin et il y avait beaucoup de blocs de glace qui nous ont
énormément ralentis. Le vent est tombé et il semble que nous dérivons direction
nord-est. C’est enfin la direction dans laquelle nous voulions aller ! Notre
position actuelle est 82°09’17.6’’N 106°25’56.0’’E, il nous reste donc 876
kms à parcourir jusqu’au Pôle, mais nous avons enfin franchi le 82ème parallèle.
Il paraît que ça devrait devenir plus plat, pour l’instant pourtant, nous
ne voyons pas de grands changements, La qualité de la glace ne s’améliore
pas instantanément. Nous avons un peu plus de lumière qu’avant. On voit
la lune et les étoiles mais les lampes frontales sont toujours indispensables
pour distinguer le relief du terrain. Les nuages ont disparu, ainsi que
la ‘chaleur’. Il fait à peu près –37°. Les trois doigts que j’ai gelés en
2002 sont très douloureux. La circulation ne se fait pas comme elle devrait,
il faut que je fasse très attention. Moi, j’ai des problèmes pour garder
mes doigts au chaud, tandis que Borge n’arrive pas à réchauffer ses pieds.
Avec ces températures extrêmes il faut être très, très soigneux avec l’équipement.
Ce matin, j’ai ramassé un piquet de tente et il s’est cassé en 4 morceaux.
Heureusement que nous en avions un en réserve, mais que faire si un autre
se casse ! Ce matin, c’était étrange parce que nous avons entendu un bruit
inhabituel. Nous nous sommes arrêtés d’un coup en nous demandant ce que
ça pouvait bien être. Nous avons réalisé que c’était un jet qui volait au-dessus
de nous. C’est vraiment une impression bizarre d’entendre ça quand tu es
au milieu de cette étendue. Borge et moi, nous nous entendons bien. C’est
une belle expérience pour nous deux d’être ensemble. Il n’y a pourtant pas
beaucoup de temps pour le bavardage le soir sous la tente, parce que nous
sommes simplement trop fatigués et qu’il n’y a pas de jours de congé, tout
au moins pas pour l’instant ! Amicalement |
O6.02.2006 - CHANGEMENT DE STRATEGIE !
| Mike et Borge ont, une nouvelle
fois, dû affronter un vent du nord glacial aujourd'hui. "Il a fait
froid aujourd'hui, avec le 'windchill', il faisait environ -35°C. C'est
supportable si le vent souffle latéralement, mais quand il te fouette en
plein visage, c'est d'une part dangereux et d'autre part, ça te prend toute
ton énergie. Nous avons été forcés de monter la tente et de nous abriter
du vent avant que nos visages ne gèlent. En partant ce matin, il nous restait
897 km à parcourir jusqu'au Pôle. Et au moment d'entrer dans la tente, 5
heures plus tard, nous avons regardé le GPS, pour constater que le Pôle
était encore à 896 km ! C'était un peu un choc de voir qu'après tous ces
efforts, nous n'avions avancé que d' 1 km, parce que nous dérivions vers
le sud à une vitesse de 1,5 km/h. Chaque matin nous analysons le terrain
autour de nous afin de trouver le meilleur passage possible, mais ce n'est
pas simple dans l'obscurité. Nous avons décidé de changer notre stratégie.
C'est évident que si nous devons continuer à cette allure, nous serons en
manque de nourriture avant d'arriver au Pôle. Il faut donc diminuer nos
rations quotidiennes, afin de pouvoir durer un peu plus longtemps. La qualité
de la glace s'améliore gentiment, elle est plus épaisse et les brèches sont
plus étroites. Une fois que nous aurons franchi la 82ème latitude nous aurons
de meilleures conditions et nous pourrons avancer plus rapidement. Il n'y
a pas beaucoup de vie ici, mais, on se poserait des questions s'il y en
avait ! Nous avons vu quelques traces d'ours et de renards hier, mais rien
depuis. Nous allons nous coucher, une grosse journée nous attend demain
! " |
30.01.2006 - AVANCER, AVANCER, ENCORE AVANCER !
| Mike a appelé à 15h00, heure
de Suisse : "On avance lentement mais sûrement", dit Mike. "Aujourd'hui
nous avons affronté des vents d'ouest violents, environ 10-12 mètres par
seconde et la température est à nouveau remontée aux environs de -10°C.
Nous avançons sur de la glace plus ancienne, ce qui est positif. Mais lorsque
deux masses de glace se percutent, avec la pression, des montagnes de glace
gigantesques se forment et le franchissement devient très difficile avec
nos luges. Nous avons avancé de 12 km aujourd'hui, en nageant et en faisant
du "ice hopping" (sauts d'un bloc de glace à l'autre). Pour le
moment nous avons parcouru environ 50 km depuis le départ et d'après nos
calculs, il reste 919 km à couvrir avant d'arriver au Pôle. Nous espérons
juste que les conditions s'améliorent. Il a fait mauvais temps depuis le
début. Avec la température qui monte et baisse en permanence, c'est très
difficile de s'habiller de la bonne manière. Nous devons nous arrêter fréquemment
pour mettre ou enlever une couche. Borge et moi sommes très prudents, c'est
impératif dans ces conditions. Un vent du sud est prévu pour demain. Ça
serait vraiment bien ! Amicales salutations de la part de Borge et moi-même
! " |
25.01.2006 - UN JOUR MEILLEUR, AUJOURD’HUI !
|
Mike et Borge
se sont arrêtés plus tôt aujourd’hui. "Nous avons travaillé dur pour
rattraper le terrain perdu", dit Mike. "La bonne nouvelle, c’est
que nous avons enfin avancé de 12 km vers le nord aujourd’hui et nous
sommes à nouveau presqu'à la hauteur du Cap Artichesky. Nous subissons
une dérive de 12° vers le sud, ce qui est bien moins qu’avant. Nous avançons
sur une magnifique glace toute jeune. (La glace jeune est appelée glace
de première année et son épaisseur peut varier entre 30 et 200 cm). Il
y a encore beaucoup de passages d’eau ouverte, mais on peut sauter par-dessus,
par contre les bras de mer rencontrés les jours précédents ont disparu.
80-90 km plus au nord, nous arriverons sur de la glace plus ancienne et
plus épaisse, la dérive sera moins importante et le terrain plus stable.
Nous prévoyons de marcher environ 15 km par jour. Si la dérive joue en
notre faveur, nous pourrions même aller jusqu’à 20 km en une journée.
Les conditions météo sont relativement agréables, la nourriture est super,
nous sommes en bonne forme et nous nous entendons bien. En bref, tout
va bien pour le moment !"
|
22.01.2006 - Mike et Borge enfin sur la glace.
| C'était un Mike très excité au téléphone à 16h30 (heure suisse). Il
était vraiment heureux de pouvoir nous annoncer que Borge et lui ont quitté
le Cap Artichesky et progressent maintenant sur la banquise. Ils se sont
réveillés tôt ce matin pour constater que le vent du nord-ouest avait soufflé
durant la nuit, permettant ainsi à la glace de se former près de la côte
ouest du Cap. Rapidement, ils sont sortis afin de voir s'il était possible
de partir et ils ont constaté que la glace était solide, épaisse et stable.
L'occasion était parfaite pour pouvoir se mettre en route et dire "au
revoir" à la terre ferme, puis démarrer l'expédition pour de bon. Mike
et Borge ont bien travaillé aujourd'hui. Ils ont marché non-stop durant
six heures et demi contre un vent du nord-ouest qui soufflait la neige horizontalement
à 7-8 mètres par seconde. A deux reprises, ils se sont trouvés face à de
l'eau ouverte et ont dû utiliser le canot gonflable pour traverser. A cause
des courants très forts, ils devaient avancer très rapidement pour atteindre
l'autre côté avant que celui-ci ne soit trop éloigné. Heureusement, les
deux fois, il n'y a pas eu de mésaventures. Mike et Borge sont heureux d'avoir
finalement quitté la terre ferme et débuté leur expédition. Lorsqu'ils
ont téléphoné aujourd'hui, ils ont dit qu'ils avaient marché 19 km, mais
à cause du vent et de la dérive de la glace, ils n'ont en fait avancé que
de 2 km dans la bonne direction. Dieu seul sait où ils vont se réveiller
demain matin, mais de toute manière les deux compères sont heureux et ils
sont convaincus d'avoir pris la bonne décision en quittant la terre ferme.
Nous nous réjouissons d'avoir des nouvelles demain pour suivre leur progression.
|
18.01.2006 - Départ pour le Cap Artichesky aujourd'hui
| Mike à appelé à 3h30 heure
locale, pour annoncer que dans quelques heures l'hélicoptère va les transporter
vers le Cap Artichesky. Mike et Borge n'ont pas beaucoup dormi cette nuit,
ils étaient occupés à paqueter leur matériel (une nouvelle fois) et à étudier
minutieusement chaque détail. Les conditions ne sont pas terribles ! dit
Mike, de forts vents du sud (8-9-m/sec) soufflent et brisent la glace autour
du Cap. On nous a prévenu que la glace brisée dérivait jusqu' à la latitude
82° Nord, donc ce sera difficile d'atteindre le départ. La température n'est
que de 2°C et il neige, il fait trop doux pour que la glace se reforme correctement.
Une épaisse couche de nuages recouvre le Cap dans l'obscurité. Il fait nuit
noire 24 heures par jour, impossible de voir quoi que ce soit ! Mike et
Borge vont s'envoler à 10h du matin heure locale. Nous attendons avec impatience
un appel depuis leur premier bivouac sur la glace. |
15 Janvier 2006 - Départ de Noril'sk prévu pour demain
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Suite à l'appel téléphonique. Mike et Borge ont attendu patiemment à Noril'sk
depuis le 9 janvier. Ils ont employé le temps à disposition pour vérifier
et contrôler maintes fois tout le matériel, jamais ils n'auront été aussi
prêts. Il ne reste donc plus qu'à laisser passer cette période de mauvais
temps, afin que les hélicoptères puissent voler.
La nouvelle
est tombée aujourd'hui, ils pourront enfin s'envoler demain pour l'île
de Sredny. Aux environs de 10 heures du matin, Mike et Borge décolleront
à bord d'un hélicoptère MI8 avec leurs 350 kg de bagages, pour atterrir
sur l'ancienne base militaire de Sredny. Ils vont ensuite se réfugier
dans une station météorologique dans l'attente de l'hélicoptère qui les
emmènera à l'extrême nord de la Russie, au Cap Artichesky. Ils espèrent
y parvenir le 17 janvier et à partir de là, l'expédition pourra enfin
démarrer. La glace autour du Cap Artichesky ne semble pas très stable
pour le moment. Des vents violents ont balayé l'île, la glace s'est brisée
et a été repoussée loin des côtes. Des pilotes russes ont expliqué que
la glace dérivait à une vitesse de 10 km/h autour du Cap. Pour Mike et
Borge c'était donc impossible de s'y aventurer. Maintenant les conditions
semblent à nouveau s'améliorer, le vent est tombé et la température a
chuté, permettant ainsi à la glace de se reformer. Mike et Borge ont emporté
avec eux deux petits canots gonflables qu'ils vont peut-être devoir utiliser
afin d'arriver sur la glace si la température tendait à remonter. Selon
les derniers rapports météo la glace sera très instable durant les 115
premiers km de leur trek.
Pour Mike
et Borge ce ne sera pas simple, mais ils sont très bien préparés et leur
grosse motivation leur permettra de réussir cette expédition. Nous attendons
d'autres nouvelles du Cap Artichesky le 17 janvier.
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Charte graphique Michel Clar - Réalisation Gérard Bodineau - © GNGL 2006 - Tous droits réservés - Page générée le 26 07 2008. |
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