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On
peut comparer un voyage dans l’Arctique à un parcours initiatique
: découverte de paysages mais aussi découverte de soi là
où le «moi » se retrouve complètement dépouillé.
La réussite d’une expédition tient dans cette gestion
du presque rien, dans des territoires où l’homme n’a
laissé que peu de traces de son passage.
Après avoir fait un premier séjour dans la baie de Disko,
nous avons décidé d’aller cette fois explorer le sud
du Groenland entre Narsaq et Nanortalik en kayak de mer.
Vol Paris – Copenhague, nuit à Copenhague, vol Copenhague
– Narssassuaq puis petit ferry jusqu’à Narsaq, temps
superbe, une température d’une vingtaine de degrés.
Nous entrons peu à peu dans l’ambiance. Il faut un temps
intermédiaire d’adaptation, le temps de voyage jugé
long nous aide à lâcher un monde pour en découvrir
un autre.
Préparatifs de départ à Narsaq. Vivres et matériel
pour 3 semaines à charger dans un kayak biplace…heureusement
le Nautiraid est très logeable.
Nous nous attendions à peu de glace, nous rencontrerons des icebergs
tout au long du parcours.
Les Vikings se sont implantés au Groenland à partir du 10ème
siècle, notre parcours croisera leurs itinéraires, nous
ne trouverons que des vestiges difficilement identifiables ne sachant
pas s’il s’agit de camps inuit ou vikings.
Avant de nous diriger vers Qaqortoq nous décidons d’aller
au pied du glacier Qaleragdlit. Nous pourrons constater les effets du
réchauffement climatique, ce glacier ayant régressé
de plusieurs kilomètres par rapport à la carte révisée
en 1989.
De temps à autre nous apercevrons des rennes ainsi que des renards
; il vaut mieux éviter la compagnie de ces derniers d’un
tempérament imprévisible dès que l’on empiète
sur leur territoire.
Petit ravitaillement en pain à Qaqortoq, nous « ancrons »
au port aux côtés de bateaux à moteur !!!
Pendant 3 semaines nous n’allons voyager que propulsés à
la force de nos bras, cela change bien des choses sur les ambitions quant
à la distance journalière. Il faut prendre en compte les
caractéristiques météorologiques de l’Arctique
où comme dans la philosophie zen tout est impermanent ; vivre l’instant
présent sans savoir si nous progresserons régulièrement
ou resterons bloqués sous la tente pendant 3 jours (n’être
pas claustrophobe et apporter un livre comme tout luxe matérialiste).
Petit extra bienvenu dans l’amélioration de l’ordinaire
: emporter une petite canne à pêche, laisser traîner
le tout en pagayant, le seigneur des eaux offre bien vite un cadeau à
moins que l’hameçon ne s’accroche dans le fond !!
Arrivée à Nanortalik sous la pluie,le but est atteint. Le
plus dur reste à faire, voyager sur 3 ferries avec un kayak démonté
et des boudins étanches semblables à un chapelet de saucisses
aux couleurs acidulées. Nous sommes dans un entre deux un peu inconfortable
plus tout à fait marins pas encore terriens !
Nous revenons brutalement à la civilisation après n’avoir
aperçu que des bateaux inuit au loin, aucun kayak, solitude totale.
Le voyage de retour est à la fois long et court, temps nécessaire
pour reprendre des repères.
Courte escale à Narsaq que nous avons plaisir à retrouver.
La baie est magnifique, il y aurait maintenant de belles randonnées
à faire à pied mais cela sera pour une autre fois.
Merci
à Jean-Luc et à toute l’équipe de GNGL pour
la logistique de l’expédition.
Texte et photos : Véronique PARIS
Alain GALINOU
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