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Les derniers degrés de la planète |
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L’arctique continent maritime grand comme les USA et l’Europe réunis,
aux ¾ recouvert de glace, n’a plus de mystère aujourd’hui.
Si au 19eme siècle, Hudson, Barents, Baffin, Admunsen échouent
dans leur découverte du fameux passage du Nord Ouest permettant
de rejoindre la Chine via le Pôle, Peary l’américain
fut le premier à atteindre le toit du monde le 6 avril 1909.
Plus modestement, grâce à l’organisation GNGL et
aux moyens de transport d’aujourd’hui, j’ai pu moi
aussi, atteindre le Pôle Nord géographique le 11 avril
2005 à 5h GMT pour y planter à mon tour le drapeau français.
Parti de l’archipel du Spitzberg, intégré à
une équipe internationale pilotée par Victor Boyarski,
éminent spécialiste russe du Grand Nord, je me suis posé
à bord d’un Antonov 72 sur la base polaire provisoire de
Borneo qui dérive de 2km par jour en direction du Groenland.
De là, un ex hélico militaire Mig 8 guidé par GPS
nous posa au Pôle. Quelle émotion de se trouver sur ce
lieu mythique dans le grand désert glacé, sous une température
de –45°C, acceptable ce jour-là. On perd ici la notion
du temps, cinglé par le blizzard, j’ai eu bien des difficultés
à dérouler puis à planter le drapeau tricolore
quelques instants. Là-haut, dans le ciel, le grand soleil blanc
(qui ne chauffe pas) tournoyait autour de l’horizon, au pays des
jours sans fin dans cet univers où on perd toute notion d’espace.
Dans cet étonnant et fantastique paysage de fragmentation sur
fond de vaguelettes de neige et de glace sculptées par les vents,
certains sportifs de haut niveau faisant partie de notre groupe se sont
« amusés » à sauter en parachute sur le Pôle,
largués depuis notre hélico.
L’épaisseur de glace en avril atteint les 3 mètres,
ce qui permet la pose d’appareils lourds sur la base de Bornéo,
l’été, l’approche du Pôle se fait par
brise-glace.
Je retiens de cette expérience unique pour moi, que dans le Grand
Nord, il faut savoir rester patient quoiqu’il arrive, les conditions
climatiques changeant rapidement au fil des heures. Il n’y faut
jamais combattre l’environnement, au contraire s’y adapter
et surtout savoir rester humble dans le silence de cristal qui souvent
assomme.
Merci à GNGL de m’avoir permis de réaliser le rêve
de ma vie.
Michel DURAND
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