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Connaissez-vous le MICS ?
Marina Raffaud vous dit tout sur la station de recherches de Mingan et ses activités, la protection des baleines et la commission baleinière.


Des géants vulnérables…

Le troisième millénaire permettra-t-il de sauver les derniers géants marins ? La station de recherche des îles Mingan (Québec, Canada) œuvre en ce sens en effectuant des études très approfondies sur ces habitants des mers car, malgré plusieurs mètres de longueur et un poids pouvant atteindre 150 tonnes, l’avenir des mammifères marins est en péril.

La station de recherche des îles Mingan (MICS pour Mingan Island Cetacean Study) est un organisme à but non lucratif dont l’activité principale concerne l’étude écologique des mammifères marins. Fondée en 1979 par Richard Sears, biologiste franco-américain, ce fut la première station à mener des recherches à long terme sur les cétacés dans le golfe du Saint-Laurent, notamment sur les rorquals bleus (balaeanoptera musculus), appelés aussi baleines bleues, qui sont menacés de disparition.

En 1988, la station de recherche des îles Mingan a mis en place un programme d’adoption de rorquals bleus afin d’assumer financièrement une partie de leurs recherches et pour permettre la sauvegarde de cette espèce. La station possède actuellement une base de données d’environ 350 individus pour les eaux du secteur Est du Canada, dont certains ont été recensés dès les premières recherches de la station il y a 20 ans.

Les baleines bleues étant de grandes voyageuses, les biologistes suivent ces flux migratoires afin d’étudier leur comportement. Les recherches de la station ne se cantonnent donc pas au Canada mais s’effectuent à travers le monde, du fleuve Saint-Laurent à la mer de Cortez… La station participe aussi à des recherches sur d’autres mammifères marins dans toutes les mers du globe.

Le programme d’adoption permet aux parrains de suivre les mouvements du rorqual adopté à travers des études de terrain année après année. Chaque adoption s’étend sur une durée de deux ans et coûte la modique somme de $100 canadiens (soit environ 500 Francs français) par baleine adoptée. Les parrains reçoivent alors une carte de membre de la station de recherche, une photo de la baleine adoptée (8 po x 11 po), un historique des observations de leur baleine et un certificat d’adoption.

En plus de son programme d’adoption, la station de recherche offre la possibilité au grand public de participer à des stages en compagnie des biologistes. Ces stages, qui ne veulent en aucun cas être uniquement du «Whale watching » mais une réelle contribution à l’étude des mammifères marins, se déroulent essentiellement durant l’été (de début juin à fin septembre) sur les côtes du golfe du Saint-Laurent. Une expérience inoubliable…

Grâce aux programmes de la station de recherche des îles Mingan, le grand public a la possibilité de participer à la protection des mammifères marins et de prendre vraiment conscience des dangers encourus par ces espèces, devenues très vulnérables en raison des activités humaines (surpêche, pollution, tourisme…).

Actuellement, sur les 79 espèces de cétacés peuplant nos océans, seules 11 d’entre elles sont protégées par la Commission Baleinière Internationale (CBI), ce qui demeure insuffisant au regard des 68 autres espèces souffrant régulièrement de massacres. Mais cela risque encore de se dégrader. En effet, il est question de la reprise de la chasse baleinière commerciale. Une réunion préparatoire spéciale de la CBI a eu lieu a Monaco en février dernier pour faire avancer un plan qui, s’il est accepté, signera l’arrêt de mort des baleines. La décision finale sera connue en juillet 2001 lors de la Conférence régulière de la CBI qui se tiendra à Londres. Le moratoire international sur la chasse baleinière commerciale, en vigueur depuis 1986, est ainsi remis en question. La CBI subit des pressions de nations favorables à la chasse, comme l’Islande, le Japon et la Norvège qui souhaiteraient une reprise immédiate de la chasse baleinière. L’Islande a stoppé la chasse dès 1986 alors que le Japon et la Norvège n’ont jamais cessé de chasser malgré les demandes d’arrêt de la CBI. Ces pays continuent toujours de s’attaquer au petit rorqual sous couvert d’obscures recherches scientifiques. Seuls quelques populations autochtones qui chassaient traditionnellement la baleine en Sibérie, Alaska et Canada ont obtenu des dérogations afin d’assurer leur survie. Or ces exceptions ont malheureusement mal tourné en Sibérie où des baleines ont été chassés pour nourrir des élevages d’animaux.

La Commission Baleinière Internationale fut créée en 1946 à Washington par 19 pays dont les missions étaient de : - protéger les jeunes de toutes espèces afin de garantir l’existence des futurs reproducteurs,
- établir des quotas de capture par l’intermédiaire d’un système de gestion, créer des réserves, notamment dans les zones de reproductions,
- prohiber toute prise d’animaux appartenant à une espèce en danger.
A l’époque, son but premier n’était pas la protection des baleines mais la stabilisation des prix de l’huile de baleine. Ce n’est qu’à partir des années 70 que la protection des mammifères marins vient au centre des discussions. Mais il faudra attendre les années 80 pour que de réelles mesures soient adoptées.
Actuellement, la CBI compte 35 pays membres que l’on peut diviser en quatre groupes :
- les pays à tradition baleinière
- les pays disposants de quota de capture à titre de chasse baleinière de subsistance
- les pays protecteurs qui soutiennent les résolutions de conservation et de protection
- les pays « mouvants » qui peuvent surprendre par leurs votes sur certaines résolutions
Il y a aussi des pays observateurs, non membres, qui n’ont pas de droit de vote, des organisations intergouvernementales et 70 organisations non gouvernementales, soit de protection de l’environnement comme Greenpeace ou en faveur de la chasse comme les associations de promotion de la chasse baleinière japonaise.

Il est donc important que chacun d’entre nous prenne conscience des dangers et contribue à la protection des géants des mers. Nous devons tous nous mobiliser pour préserver les écosystèmes de la Terre…

Pour en savoir plus sur ces voyages.
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