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Journal de voyage de Henri Come
Mars 2001 : la Dempster Highway (Yukon) en hiver

Parcours d’un monde oublié réservé aux initiés
Dimanche 4 mars 2001
Roissy CDG2A – Décollage à 12h30 en B747 pour Montréal Dorval. Vol avec Hitchcock et son Meurtre à Crédit. Arrivée à Montréal Dorval à 13h30. Tapis à 13h40, désespérément vide. Pas étonnant, tout est gelé. Après dégel des portes de soute, les bagages apparaissent. Vite à la porte 1D. Ouf ! A 14h45 à bord du B767 pour Vancouver. A 15h15, départ en marche arrière, pour le vol AC115. On n’est pas arrivés, d’autant qu’on fait halte à Toronto. On visite, quoi ! C’est pour les voyageurs en correspondance. Nous, on reste à bord. Il est 16h30. Remue-ménage à bord : les « galets » de ravitaillement arrivent. On ne mourra pas de faim. Les containers des bagages des nouveaux arrivants aussi. 17h20 arrivage de nos amis Canadiens qui vont nous escorter à Vancouver. Mais d’abord, il va falloir procéder au cérémonial du passage à l’anti-givre de l’appareil avant le décollage. Seringue géante qui asperge les ailes et çà mousse ferme. On fait çà à l’écart, bien sûr, pour ne pas embistrouiller la piste. Il est 17h35 local. Jamais on sera à Vancouver à 19h16 comme prévu. Je ne cherche pas à comprendre d’autant que ma montre indique 9h20. Une histoire de décalage horaire plus celui qui nous attend à Vancouver, ça devrait faire dans les 9 heures en tout.
La journée du 4 mars a été longue. Nous voici à Vancouver en route pour l’hôtel Accent Inns. Demain réveil de bonne heure pour le vol AC3580 à destination de Whitehorse, un nom à faire rêver et c’est bien cà le motif du voyage, entre autre. Petite soupe, si on peut dire et au dodo.

Lundi 5 mars
Réveil 5h30. Réception 6h. Embarquement navette 6h30. Café aéroport 7h. Il est trop chaud et c’est un vrai café américain, alors il reste sur le guéridon. Embarquement 7h30 sur le B737. 7h55 pile, marche arrière. 10h23 on touche WH (pas White House). C’est là que “TOUT” commence.
Navette Airport-Hôtel Westmark.
Hôtel. Présentations. Bonjour Shannon. Remise des clés. Hop, prise de possession des rooms. Et un petit tour en ville avec Shannon : bottes Sorel pour Martine et doudoune. Retour à l’hôtel, on reviendra au magasin, seuls comme des grands.
Justement, notre, comment dire ? accompagnateur, pilote, guide ? driver tout simplement, c’est Bruce qui nous emmène faire un petit tour dans les environs.
Très sympa. Dialogues en anglais s’il vous plaît. Retour à l’hôtel. Quartier libre. Il reviendra nous prendre demain. Petite bouffe pour 17.66 CAD + 3 pour le service.

Mardi 6 mars
Petit déjeuner à l’hôtel et on prend la route pour DAWSON CITY en emmenant le lunch avec nous.
Il est 10h30. Quelques photos, de Martine et Michel pendant que le caméscope enregistre. Nous traversons une zone forestière incendiée il y a un certain temps. C’est salutaire pour l’entretien de l’humus et tout à fait naturel. Nous longeons aussi des lacs depuis un bon moment. Ils sont reconnaissables grâce à leur surface blanche unie sans aucune végétation.
11h. On vient de passer à côté de blocs erratiques.
12h /12h30. Halte casse-croûte le long de l’aire de FIVE FINGERS RAPIDS. Deux jolis oiseaux nous ont repérés. Peu farouches, ils attendent visiblement quelques miettes. Même au bout de nos bras tendus. Ils emportent leurs sandwiches sur les branches des arbres voisins où ils les dévorent avant de se précipiter à nouveau. Ils sont bien informés des habitudes des touristes de passage. Les pauvres ! Ils ont de la patience. Il doit y avoir pas mal de jours de disette.
12h45 Traversons nouvelle zone incendiée…en 1993 ! Puis quelques minutes après, nous passons STEWART CROSSING puis MINTO RESORT.
Les feuillus, au bord de la route, déplumés, bien sûr, ne sont pas des bouleaux (birch trees) mais des trembles (aspens). Mea Culpa !
13h40 Filmé GREY HUNTER PEAK de la réserve McARTHUR WILDLIFE SANCTUARY.
DAWSON CITY – Quartier libre. Après-midi consacrée à la photo et au caméscope après prise de possession de nos chambres à l’hôtel Eldorado, le bien nommé.
Quelle aventure ! Et qui ne fait que commencer ! Des images d’enfance enfouies, à toucher. Enfin ! Des noms magiques enfin matérialisés : Dawson, Klondike, Yukon, Bonanza creek…et on est au cœur du Gold Rush, la Ruée vers l’Or. Les poteaux sont d’ailleurs ornés des flammes qui annoncent The Gold Rush Centennial 2001. Mais la ville elle-même n’en semble pas avoir conscience tant la vie est calme, tranquille comme un décor de cinéma ! (n’est-ce pas le lieu de naissance du Western ?) Tout çà c’était hier et nous voilà comme au réveil d’une longue nuit mais nous n’avons pas rêvé. Tout est vrai, actuel. C’est fou !

Mercredi 7 mars
Après le petit déjeuner, mais peut-on parler de « petit déjeuner » dans un pays comme l’Amérique dans tous ses Etats, sauf qu’il manque le café, le vrai, avec le lait, pour les amateurs, car il s’agit d’un repas consistant, à la carte avec pas mal de variantes, pour tous les goûts, ne nous plaignons pas, d’autant qu’on a besoin de calories, après le petit déj ; donc, matinée fofolle : photos et caméscope. A commencer par le « Complexe de la 3e Avenue ». C’est l’illustration de ce qui peut arriver lorsque des immeubles chauffés sont installés sur un sol gelé, le pergelisol ou permafrost. La glace fond et l’eau se mêle au sol pour former une boue très liquide dans laquelle les semelles des fondations s’enfoncent à des rythmes différents. Un groupe d’habitations a été gardé sans aucune restauration et datent de 1901. Comme ça, on peut voir ce que ça donne.
Autrement, l’ambiance de Dawson est vraiment calme et reposante en quelque sorte. Les rues sont complètement désertes. Etonnant ! Envoi des premières cartes postales et la postière orne le passeport du cachet de la poste de Dawson, en guise de souvenir.
Excursions en van à la recherche de la drague (dredge) N°4. Concession 3B pour commencer. Puis ascension du dôme C à pied. Endroit historique d’où on plonge presque à la verticale sur la cité avec ses voies qui se couplent à angle droit. Front Street et First Avenue en bordure du Yukon, puis les avenues N°2 à 8 croisées par les Streets Church Mission, Princess, Queen, York, Duke, Albert, Edward, George et Judge. La vue sur le Yukon et et les confluents de Bonanza Creek et Klondike River est impressionnante, profondément gelés et recouverts d’une couche de neige immaculée. Pour compléter, nous allons changer de rive du Yukon en le traversant en voiture sur son pont de glace capable de supporter 6 tonnes de charge utile tandis que les cantonniers s’occupent à recouvrir ce pont d’une couche d’eau puisée à travers la glace pour en consolider la surface. Drôle de technique !
A l’hôtel, un photographe est en train d’opérer dans le « lounge », disons le bar, une séance de photos avec las can can girls du Diamond Tooth Gerties, attraction de Dawson très couleur locale, comme autrefois. Mais nous ne serons pas là pour y assister. La route nous attend demain.

Jeudi 8 mars
Réveil de bonne heure, le temps d’admirer la pleine lune à son couchant. Donc le ciel devrait être dégagé.
Départ par un temps splendide. Le paysage a complètement changé. La taille des arbres aussi. Nouveau décor.
Ainsi, lorsqu’on a décidé d’aller quelque part, on croit être en mesure de choisir sa voie, son itinéraire. Mais ici, on n’a pas le choix. « All year, use gravel raod », elle est unique. Mais n’est-ce pas émouvant de rouler en toute décontraction sur un chemin où les hommes ont souffert il n’y a pas si longtemps. Précieuse découverte d’un monde mis à notre portée.
La végétation quant à elle est de plus en plus rabougrie mais peu à peu elle reprend de la hauteur.
10h40 Les deux véhicules croisés sont des véhicules de service : engins de maintenance.
11h30 C’est un véhicule privé qui nous dépasse durant un arrêt photo. La végétation arborée a disparu depuis un moment.
12h25 un bus de ramassage scolaire est de passage pendant qu’on photographie une version inattendue de « l’origine du Monde » de Courbet, dans le lointain, tant les arbres à la base de vallonnements immaculés font penser à une pilosité pubienne délicate du plus bel effet, avec un tout petit peu d’imagination.
12h40 Arrêt en bordure de Two Moose Lake (le lac des 2 élans). La lumière nous joue des contrastes extraordinaires entre le ciel bleu, le soleil brillant et le givre qui veloute les branches de conifères. En effet, la végétation arborée est revenue pour s’évanouir peu après.
Arrêt Buffet. C’est superbe. Un bus américain en provenance de Seattle nous dépasse. On le retrouvera à l’étape de EAGLE PLAINS.
En attendant, Bruce a du taintoin pour repartir. La neige épaisse du bord de la route sur le côté droit a cédé au démarrage. Les 2 roues droites s’enfoncent et les roues gauches patinent. Notre 4x4 n’a pas de différentiel auto bloquant. Nous regardons, impuissants, Bruce s’excrimer à grands coups de pelle pour dégager la voie. Moments d’inquiétude. Mais finalement, nous repartons. Ouf ! Ce n’est que bien plus tard que nous croisons un chasse-neige de service qui aurait pu nous secourir.
Ogilvie River. Arrêt et vue sur le Mount Sapple de toute beauté. Les montagnes poilues persistent du côté ouest seulement et le ciel reste au bleu pastel. Il est 15h30, le panorama s’étend sur 180 km. Depuis Ogilvie Point Rest area, le relief s’est aplani.
Mais le temps change. C’est la grisaille et on a perdu notre ciel bleu. Les dark spruces s’amoncellent et nous défilons entre deux rangées d’arbre au garde-à-vous sous leur voile de mariée. On a l’impression qu’ils sont heureux de nous accueillir. On est au km 7 avant Eagle Plains, mais 379 km avant INUVIK, NWT.
Repos à l’hôtel d’Eagle Plains. C’est l’unique construction du genre pour recevoir les voyageurs et les travailleurs employés dans les organismes de recherche. Note : The Eagle Plains Hotel is busy with natural gas exploration crews who are booked at the hotel for several months.Etc. Ce qui implique que le lounge a été fermé et que la vente d’alcool is not available. Nous sommes donc entourés de prospecteurs nouvelle vague. Ca fait de l’animation.

Vendredi 9 mars
Embarquement pour le Grand Nord à 8h50.
Brr ! Quel temps ! Le vent et la neige, de la poudreuse : poudrerie comme on dit au Quebec, ou poussière de diamant comme en Antarctique. Voilà le Cercle Arctique, mais ici ce n’est pas vraiment un « cercle ». Simplement une construction engée pour marquer le passage du 66°33 parallèle. Cérémonies de photos et de caméscope s’imposent. La force du vent est telle qu’elle empêche l’ouverture des portes du côté où il souffle en rafales. Il doit faire dans les –40°c. On ne s’attarde pas. On devait arroser la cérémonie au champagne. En route donc ! Mais pas pour longtemps. Après quelques kilomètres, on doit rebrousser chemin. Il ne serait pas raisonnable de continuer avec les congères, tout seuls dans la nature. Retour à l’hôtel donc à 10h50. En attente des nouvelles. Bruce s’affaire au téléphone. Peu d’espoir. On imagine que les chasse-neige devraient rendre la route praticable, mais à quel prix ? Alors Wait and see. Si le blizzard ne remet pas tout en question. Alors estimons-nous heureux , bien que dépités, d’être parvenus de peu au-delà du cercle polaire. Maigre consolation. Que faire contre les aléas du voyage ? Finalement, nous reprenons nos chambres car nous sommes prisonniers de la neige et du vent. On prend le champagne dans la chambre de Bruce et nous recevons nos diplômes de l’Artcique.
Sincèrement, on peut avoir conscience de s’en tirer plutôt bien, imaginons que….Ne voilà –t-il pas que la route du sud est également fermée. Coincés ! Nous voilà bien !

Samedi 10 mars
Tout compte fait, nous repartons pour Dawson . Mais que de soucis pour notre ami Bruce.
9h00 Chargement de la voiture et en route. Direction du Nord ; les barrières symboliques sont bien là avec les deux feux clignotants qui confirment la fermeture de la route. Et personne ne fait le malin.
Aur revoir Eagle Plains. Pourtant un indien du groupe de prospecteurs m’avait interpellé pour me faire savoir que la route était coupé. C’est du moins ce que j’avais compris.
Il est 9h40. Avec 40 km au compteur depuis le départ. Sur cette neige, ce n’est pas mal du tout avec ce véhicule qui n’est pas vraiment adapté au tout terrain. Mais on n’est pas là pour le sport.
Allons 346 km pour Dawson et 806 pour Whitehorse, selon l’annonce sur la plaque au bord de la route. Les congères ne sont pas très épaisses. C’est roulant. On a confiance en Bruce. On s’arrête toutefois et Bruce va tâter du pied la consistance de la neige qui traverse la route par paquets plus ou moins larges et épais. Il revient après avoir aperçu au loin un pick up arrêté sur la bas côté. On va tout doucement en voiture à l’approche. C’est bien çà. Il a carrément quitté la route, de peu sur la gauche. A maints endroits, et pas toujours notamment dans les lignes droites il y a des piquets en bordure. De minces piquets, de très minces piquets en fait, uniformément noirs, mais à mi-hauteur, ils portent une bande de couleur d’une cinquantaine de centimètres, jaune pour ceux du côté gauche de la route dans notre direction, blanche pour ceux du côté droit. Ils sont assez espacés et servent de repère pour guider les automobilistes lorsqu’il n’ y a pas de trace au sol. De plus, ils sont plantés en alternance d’un côté ou l’autre de la route suivant les courbes des virages. Et là, apparemment le conducteur du pick up Chevrolet a confondu et s’est engagé du mauvais côté ! C’est un jeune indien qui est en panne depuis hier soir ! Une connaissance de Bruce d’ailleurs, d’après ce que j’ai compris. Bruce se met en devoir de le tirer de là avec les moyens du bord : une corde, c’est tout, pas de treuil manuel comme on voit chez les broussards africains. Il va faire avec malgré une coopération quelque peu indépendante du conducteur du Chevrolet. J’ai même cru un moment qu’on allait se planter aussi. En fin, tout est bien qui finit bien.
Km 296 pour Dawson et 754 pour Whitehorse. C’est la même route que jeudi en sens inverse. De toute façon, il n’y en a pas deux. Mais pourtant, il est difficile à croire que c’est la même tant il y a de différences, ne serait-ce qu’en couleur et température.
12h50. On repasse à l’endroit où on s’était « embourbés » jeudi, reconnaissable avec les blocs de neige déplacés par bruce, mais qui sont maintenant recouverts de neige fraîche. Nous voguons dans un monde immaculé, et si ce n’est le bruit du moteur, dans un silence feutré.
13h30 Two Moose Lake. C’est à peine si la plaque émerge de la neige qui masque la large inscription. Lunch pique-nique. On est sur un espace plat entouré de montagnes invisibles. L’effet est curieux : blancs montés en neige et crème chantilly. Tout est fondu, noyé dans un blanc bistré, nacré peut-être. Les montagnes sont là, derrière, mais invisibles dans cette brume fine, impalpable qui estompe les contours. C’est figé, fantomatique, rien ne bouge, la vie est comme ralentie, atténuée, ouatée. La neige est en suspension, fine, douce, moelleuse, poussière nacrée.
14h30 Mais on roule quand même à 100, très très doucement.
15h05 La Croix. On quitte la dempster Highway. We take the Top of the World Highway au 42 km de Dawson.
15h33. On entre en ville. Tous est ouaté comme feutré, Magic Dawson. Monde oublié, réservé aux initiés.
Parlons des initiés justement. Comme chaque année, une armée de motoneiges a atterri à Dawson pour un raid traditionnel de fous du skidoo venus d’Alaska. Leurs engins, de toutes cylindrées, sont sagement rangés, recouverts de neige, attendant le départ demain dimanche. Une chance, nous avons nos chambres dans l’hôtel annexe.
Quartier libre. Nous allons parcourir les rues de Dawson pour en recueillir d’autres images, plus hivernales. Oublions Inuvik et Tuktoyaktuk, inaccessibles par la route. Ce retour inattendu à Dawson est peut-être moins frustrant pour des aventuriers à la petite semaine que par la voie des airs. Et Dawson City se donne à nous sans réserve.

Dimanche 11 mars
9h06. Au revoir les skidoos prêts à partir.
9h23. km 15434 au compteur. J’ai pleuré en quittant Dawson tout blanc, symphonie en N et B et en VO, c’est si beau !
Et puis de temps en temps, la route devient jaune sale plus ou moins par places. Un des bienfaits de la civilisation qui étale pour la bonne cause du sel de calcium, carbonate ? Le chlorure de sodium est trop agressif à tous les coups.
11h07. McQuesten River. Un « chalet » ferme. Le paysage est totalement givré. C’est une chance inouïe dans notre déveine de pouvoir contempler à loisir un tel univers (90/100 à l’heure sans pousser) qu’autrement on aurait survolé sans pouvoir le distinguer because plafond.
En roulant, on a l’impression de ne passer sur rien, de flotter sans rien toucher. C’est irréel, point. Et, intimement je montre çà à mes défuntes aimées. Le passage que nous faisons à nouveau dans la zone incendiée est méconnaissable. Petite halte casse-croûte. Encore 100 km pour Carmacks, 280 pour Whitehorse, route unique, à nulle autre pareille, la seule praticable du nord au sud, exceptionnelle dans toute sa longueur, difficile de dire pourquoi, tant elle est d’une grande variété d’aspects suivant les zones traversées tout en sachant garder son unité par son essence d’aventure sans limite toute proche à toucher. Et un coyote vient de la traverser.
14h30 Carmacks Center, closed. Retour au classique. La chaussée est redevenue de couleur sombre, couleur du macadam. C’est la lente, lente décompression après la plongée dans une planète inconnue. Phase qui a aussi son charme, à vivre comme l’autre. C’est sans doute çà, être heureux. Il faut le savourer, c’est tout, sans se poser de question. Le retour par avion aurait été autrement brutal et aurait peut-être gommé le caractère tranquille, abouti, de notre randonnée, en la court-circuitant.
15h15 Passage à la hauteur de Braeburn Lodge fermé où existe une piste d’atterrissage parallèle à la route. A moins de 100 km, c’est Whitehorse, point de passage obligé de toute façon. Et nuit à l’hôtel.

Lundi 12 mars
Jour de départ pour Michel. Direction aéroport et adieux.
Nous, nous continuons à parcourir les alentours très intéressants avec Bruce. Direction Carcross, nom d’une communauté indienne. Teslin, et franchissons la frontière avec la colombie britannique en direction de Skagway, Alaska. Mais nous ne franchirons pas le poste frontière US.
On fait un arrêt étonnant au plus petit désert du monde. C’est effectivement un ancien fond de lac envahi maintenant par une dune de sable de forme irrégulière qui progresse constamment avec le vent (vent dominant du sud ici), ce qui a pour effet de recouvrir la végétation existante et d’empêcher toute nouvelle végétation arborée de se fixer. Longeons Bennett lake, Tutshi Lake. Le garde frontière canadien nous apprend que la route était fermée hier. Halte au bord du lac Tutshi, magnifique panorama immaculé. Les arbres qui semblent escalader en file indienne la ligne de plus grande pente des reliefs dont enser aux coups de crayon d’un dessinateur inspiré, sur une feuille blanche. Dernière image irréelle de ce monder merveilleux. C’est vraiment de la magie. Merci, merci. Ce fut un vrai coup de foudre. Ce qu’ont ressenti tous les immigrants venus du Saskatchewan pour qui Yukon est devenu : Home. They really love Yukon, all of them, Somptueux, fabuleux !

Mardi 13 mars
Petit déjeuner avec Dominique/GNGL. Puis prise en charge par David/Rainbow Tours qui nous conduit à l’airport dans le bel « Excursion ».
Nos places sont réservées au départ de Vancouver et Montréal. Embarquement à 10h40. C’est un B737. A la queue, rang 18.
11h10 Allumage des réacteurs.
11h30 On laisse le lac Tutshi sur la gauche : photo.
Midi : zone de turbulence : attachez vos ceintures, ce qui n’empêche pas de servir le lunch. Il y a ceinture et ceinture. Un petit Canada dry pour la peine.
Posé à 13h15 avec un 1/4 d’heure d’avance.
14h10. Hôtel. Le Sikh barbu ne connaissait pas. Il a fallu s’arrêter pour ouvrir le coffre et tirer le papier (voucher) avec l’adresse. Monsieur n’était pas content. C’est le Saint Regis, dans Downtown. On n’a pas idée. Enfin bon, on lui a quand même laissé le pourboire. Corrects, non ?
C’est un beau bâtiment, comme tous ceux du quartier, bient situé le long de densmuir Street. Si un jour vous y allez, vous verrez, à 2 pas de Burrard Inlet. C’est un golfe où naviguent de nombreux bateaux et où se posent des hydravions, pour le service. Très, très moderne. Belle ville où nous nous sommes promenés tout le restant de l’après-midi avant d’aller dîner dans un grand machin tout près. En tout cas, on ne s’est pas perdus.

Mercredi 14 mars.
Le grand jour, le plus long de l’annéee avec ses 9 heures, je ne sais plus, de décalage horaire plus le temps de vol. Ca compte.
Le taxi est commandé pour 6h30. A l’heure.
7h50 Embarquement, C’est qu’il y a une trotte de Downtown à l’airport ! Mais tout a bien marché, ce n’est pas un Sikh.
Quant à l’avion c’est un A320. A 12h25, on annonce la descente, 15 mn après, c’est l’atterrissage. Pas à s’occuper des bagages. On a déjà assez à faire avec nos sacs de cabine d’autant qu’avec l’avance qu’on a, presque 4 heures, on n’est pas près de voir le vol pour Paris s’afficher. C’est grand Dorval. Peut-être pas tant que Mirabel mais on a de quoi marcher pas mal. Finalement, avec une bonne inspiration de Martine, on se dirige vers la porte 4 et c’est là. Moi, je manque toujours de flair dans ces occasions.
Alors, petite bouffe à côté, et boutiques hors taxe pour les derniers dollars. Incroyable, je trouve là une bouteille de Peach Tree que je cherche à Paris depuis des années.
Porte 4 on nous attend et on récupère nos achats dans la passerelle.
20h00 Toujours rien déjà 15mn de retard, mais on nous passe des chiffres : températures un peu partout, mileage, kilométrage, vitesse de l’avion, du vent, dans tous les sens, à toutes les altitudes. Dame ça sert, au moins au pilote, mais il tient à partager. Merci mon gars.
Finalement, c’est un Airbus 330. Je crois ce qu’on me dit. Je ne vais pas voir. En route donc.
Nous avons quitté Vancouver ce matin. A ma montre, il n’est que 19h30. Il s’est donc passé 11 heures et quelque en l’air, et nous voilà maintenant au-dessus de l’atlantique.
J’ai 11 heures moins 20, et on nous annonce 8 heures moins 20. Calculez le temps de décalage hein ? Ouais, mais c’est qu’il y a une pendule qui a fait le tour complet. Je n’y comprends plus rien.
Nous avons un écran, un petit écran qui simule le parcours aérien de l’avion. Bonne idée. Il est 8h10 et on a l’air d’être au-dessus d’Houlgate, soit à 170 km à vol d’oiseau de Roissy.
En fait, après un petit détour au-dessus de Reims, le temps d’arrivée estimé est dans 22 mn soit 6h27 de vol en tout. Et puis, le navigateur s’est gourré. On arrive à 8h51 soit après 6h35 de vol pour 3435 miles soit 5528 km. Merci Air Canada.

ET SUR TERRE

Mardi 6 Mars Whitehorse
Km compteur : 13911

Vendredi 9 mars Cercle arctique Km compteur : 15008

Lundi 12 mars Whitehorse
Km compteur : 16216

Total : 2305 km

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