|
Monde de
glace, fascination du Grand Nord. Le Spitzberg étant situé
juste au-dessus de la Norvège, très nettement à l’intérieur
du cercle polaire, par 80 degrés de latitude Nord, il y fait froid…
Très froid, même si c’est le seul point du globe, à
pareille latitude, à n’être pas envahi par les glaces tout
au long de l’année. En fait, on peut s’y rendre en bateau au cœur
de l’été, sans autre risque que d’y croiser quelques icebergs
isolés.
Eric
et Claude m’accueillent à bord de leur sloop de 20 mètres,
direction la côte Ouest du Spitzberg. Nous partons vers la baie du
Roi puis la Baie de la Madeleine, là où les glaciers viennent
mourir dans un fracas gigantesque. Ny-Alesund, dans la baie du Roi ; ce
nom a quelque chose de magique. L’esprit des aventuriers doit s’y trouver
encore. C’est là que Roald Amundsen et ses compagnons embarquèrent
à bord de deux hydravions en 1925 pour tenter d’atteindre le pôle
Nord par les airs.
A mi-chemin,
une trentaine de morses font la sieste sur l’île Prins Karls Forland.
Les morses ont été chassés comme aucun autre pinnipède
et dans certains endroits ils le sont encore. Jusqu’à maintenant,
la vie des Esquimaux est restée étroitement liée à
la chasse aux morses mais aux 18ème et 19ème siècles,
les baleiniers réalisèrent de véritables massacres
dans les colonies de phoques et de morses. La lumière qui nous boudait
est soudain au rendez-vous et ces images de morses que j’ai pu approcher
à 2 mètres sont encore gravées dans ma mémoire.
Après
trois jours de navigation, nous arrivons dans la baie du Roi. Les trois
couronnes surplombent une baie remplie de bourguignons. Les trois glaciers
finissent leurs courses dans l’océan. Il y a dix ans, ils étaient
plus impressionnants. Phénomène inquiétant qu’est
le réchauffement de la planète. A Ny-Alesund, le mât
d’amarrage du dirigeable Norge employé par l’expédition de
Roald Amunden trône toujours, tandis que le petit train utilisé
de 1917 à 1958 pour transporter le charbon, s’est immobilisé
pour un temps infini.
Nous n’irons pas plus haut que la baie de la Madeleine au 79° Nord, la banquise
nous empêchant de continuer notre route. Cela ne fait rien, un grand
merci à Claude et Eric pour cette aventure polaire.
|