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| Raid kayak au Spitzberg : baies du Roi et de la Croix |
Du 25 juillet au 12 août 2002
Ce voyage organisé par GNGL est conté (texte et photos) par Isabelle MEYER
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Nous sommes un groupe
de 10 personnes, y compris le guide (Ingrid, une Française monitrice
de kayak). Le but du voyage est un raid en kayak d'une douzaine de jours,
en complète autonomie,
dans la Baie du
Roi et la Baie de la Croix.
Vol Paris-Oslo,
Oslo-Longyearbyen.
Nous passons une
nuit au camping de Longyearbyen qui se trouve à proximité
immédiate de l'aéroport. On peut y aller à pied en
sortant de l'aérogare. Avouez que c'est surprenant !
Le lendemain nous
prenons un vol pour Ny Alesund (le lieu habité le plus au nord du
monde) point de départ du raid. Le montage des kayaks prend plusieurs
heures ainsi que leur chargement, sous le regard curieux d'un adorable
renard arctique. Puis c'est la mise à l'eau et les premiers coups
de pagaies dans le fabuleux paysage qui entoure Ny Alesund. Nous sommes
dans la baie du Roi et c'est assurément l'endroit rêvé
pour se sentir dans la peau d'un habitant de l'arctique..
Nous montons notre
premier camp au fond de la baie, en face d'un front glaciaire du Kongsbreen.
A peine installés, nous découvrons une impressionnante trace
d'ours juste à côté de nous. Et le guide en profite
pour nous apprendre qu'on l'a prévenu qu'un ours a été
vu dans la baie il y a deux jours et qu'il faudra organiser une garde de
nuit systématique. A la bonne heure !
Heureusement il
n'y a pas de problème pour trouver des volontaires. Il y a tant
à voir, tant à sentir, qu'on n'a pas envie d'aller se coucher,
d'autant plus que le jour est permanent et qu'on en oublie complètement
l'heure qu'il est. C'est une des particularités du Spitzberg, il
est tellement au nord que le soleil reste quasiment à la même
hauteur 24 heures sur 24. Il faut des appareils de mesure pour arriver
à détecter une variation d'intensité de la lumière.
Ceci contribue aussi à une grande stabilité de la température.
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Dès
le premier jour nous glissons vers le classique "décalage" horaire,
typique du Spitzberg. Nous faisons le repas du soir à minuit, le
petit déjeuner vers 10h et la pause de midi vers 15h. La journée
s'étire sans restriction et seuls les grognements d'estomacs rappellent
que c'est l'heure de manger.
La Baie du Roi nous
régale de ses merveilles : montagnes, glaciers, fronts glaciaires
qui tombent dans la mer, glaçons flottants de toutes les tailles
et de toutes les formes, phoques et colonies d'oiseaux... Des moments inoubliables
qui nous rappellent à quel point notre Terre est belle.
D'ailleurs ici tout
est fait pour nous inciter à la préserver. Le Spitzberg est
un lieu qui, tout en étant l'un des plus vierges du monde, est plein
d'interdits. La majeure partie du territoire est interdite d'accès,
et même dans la baie où nous sommes il faut faire attention
où l'on met les pieds, sous peine de payer de fortes amendes.
Les jours suivants
nous passons le Cap Guissez et nous enfonçons jusqu'au fond de la
Baie de la Croix. Nous ne croisons pas d'ours mais d'autres merveilles
nous attendent, comme le glacier du Quatorze Juillet et de belles colonies
de guillemots et de macareux.
Le kayak s'avère
être un moyen parfaitement adapté à la découverte
de ces lieux féeriques. On est à fleur d'eau, à proximité
immédiate des animaux, et sans le moindre bruit de moteur. On n'a
pas l'impression de déranger, on se sent comme "fondu" dans le paysage.
Les renards arctiques nous approchent comme si nous faisions partie de
leur quotidien, et les mouettes survolent de très près nos
kayaks comme si elles venaient nous faire un clin d'oeil amical.
Ces instants magiques
sont autant de souvenirs indélébiles qui, une fois rentrés,
vous donnent une irrésistible envie de retourner vers ces contrées
au charme si particulier. |
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| Kayaks
biplaces
Nous utilisons des
kayaks biplaces de la marque NAUTIRAID. Ils sont démontables, d'une
solidité à toute épreuve, et l'on peut les charger
à ras bord. Même remplis d'eau ils ne coulent pas !
Moi qui n'y connaissais
rien en kayak je me suis sentie en parfaite sécurité dans
ces engins.
(Photo : Baie du
Roi) |
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| Chargement du
kayak
Nous sommes en autonomie
pour une douzaine de jours. Les kayaks offrent à l'intérieur
un volume de chargement que l'on ne soupçonne guère. On y
loge toutes les rations alimentaires ainsi que le matériel (tentes,
réchauds, gamelles, carburant, scie, hache, fusil, etc...) Le grand
sac bleu arrimé à l'extérieur du kayak est étanche
et contient nos affaires personnelles, vêtements et sacs de couchage.
(Baie du Roi - Au
fond le Kongsbreen)
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| Pause déjeuner
A la mi-journée
nous accostons sur l'une des nombreuses plages pour faire la pause casse-croute.
Les kayaks sont tirés légèrement sur la plage, juste
de quoi ne pas être emportés par la marée. |
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| Accostage pour
la nuit
Le soir il faut sortir
les kayaks de l'eau et les mettre à distance respectable de la marée.
Six personnes, munies de sangles, sont nécessaires au transport
des kayaks lorsqu'ils sont chargés. |
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