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Le fjord
géant de Kangia mesure douze kilomètres à son embouchure
et cinquante kilomètres de long et reçoit la glace de trois
glaciers. Ils produisent chaque année environ vingt-six kilomètres
cubes de glace. Les pics de glace atteignent jusqu’à cinquante mètres
de haut pour un tirant d’eau six à sept fois supérieur. Un
haut-fond les retient à la sortie de la baie et les empêche
de gagner le large. Pour le franchir, il leur faudra patienter jusqu’à
trois ans, le temps de perdre leur excédent de glace. Les vents
et les grandes marées les emporteront alors au large.
Peter,
un groenlandais de vingt-cinq ans prépare son traîneau de
douze chiens pour une expédition de plusieurs jours sur le fjord
gelé. En ce mois d’avril, le soleil brille mais la température
est d’environ vingt degrés sous zéro. Le traîneau glisse
sur la glace recouverte d’une fine pellicule de neige au milieu des icebergs
encore prisonniers dans le fjord. C’est un moment de grande émotion.
Sous un ciel d’un bleu intense, nous partons rejoindre un lieu de pêche.
Niels est un pêcheur qui passe la moitié du temps sur la glace.
Avec ses lignes de plus de huit cents mètres de long, munies de
centaines d’hameçons, il remonte jusqu’à cinq cents kilos
de flétans par jour. Après plusieurs jours de travail harassant
par –20 degrés, son traîneau chargé de flétans
congelés, Niels retourne à Ilulissat « lieu où
il y a beaucoup de glace » vendre sa pêche avant de repartir
avec ses chiens pour retrouver son univers blanc.
L’aventure
se termine en bateau au milieu des icebergs, ces titans au ventre blanc.
Il fait froid mais c’est extraordinaire.
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