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Du 7 au 21 juillet, encadrés par Gabriel Picot, Professeur de Sciences de la Vie et de la Terre et ancien hivernant à Kerguelen et Didier Vom Hofe, professeur d'Éducation Physique et Sportive, 9 élèves de fin de troisième se sont rendus à Tasiilak, district d’Ammassalik, sur la côte Est du Groenland. Ce projet de fin d’étude visait à récompenser les meilleurs éléments de la filière dite « Classes innovantes » du collège Guy Moquet de Gennevilliers. Au programme : découverte du milieu
naturel et humain, prélèvements d’échantillons de
sol, de faune et de flore destinés à des laboratoires français.
Une expérience inoubliable, loin de la Cité du Luth !
Du sommet de
l’iceberg géant, la vue est saisissante. Le fjord Sermilik charrie
des montagnes de glaces, les montagnes de la côte Sont du Groenland,
couronnées par la calotte glaciaire, sous un ciel bleu azur nous
récompensent des efforts déployés pour arriver en
ce lieu magique, suspendu entre ciel et eau.
Les neuf aventuriers
et leurs accompagnateurs ont débarqué dix jours plus tôt
sur l'Île d’Ammassalik après avoir été sélectionnés
pour leur motivation et leurs efforts. Car l’année scolaire précédente,
toute la classe a travaillé sur les milieux polaires, réalisé
des recherches, participé à des rencontres académiques
et publiques… Ils ont même passé une semaine à Prémanon
dans le Jura où se trouve le Musée de l’Exploration Polaire,
Centre Paul-Emile Victor et où ils ont pu dialoguer avec Stéphane
Victor, son fils. Construction d’igloo, chiens de traîneau, raquettes
les ont préparés au grand voyage.
Arrivé
à Tasilak, chacun a pris son thème de recherche en main :
Audrey et
Farida ont tenu un journal de bord en indiquant le programme des journées
mais également leurs impressions destinées à la presse,
complétées par des prises de vues.
Matthieu a
noté toutes les observations d’oiseaux et de mammifères marins,
et s’est occupé de la chasse et de la capture d’invertébrés
par pots-pièges.
Sébastien
avait la charge de prélever du sol, en différents endroits
de l’île, pour en faire analyser les pollens, ainsi que de récolter
le plus grand nombre de fleurs différentes pour participer à
la réalisation d’une collection de référence des pollens
du Groenland.
Jessica s’est
intéressée à l’approvisionnement et la constitution
des menus (à ne pas confondre avec le rôle de cuisinière
!).
Sabrina a
consacré son séjour à développer des contacts
avec les Inuit et noter tout ce qui concernait la découverte du
milieu humain.
Réaze
nous a aidés à la logistique sur le terrain (camping, déplacements,
constitution des sacs…).
Antony a consciencieusement
effectué des relevés météorologiques trois
fois par jour.
Et Antony
a observé longuement les glaces, les icebergs, leur couleur, les
marques glaciaires dans le paysage (roches moutonnées, stries, moraines
etc.…) pour en constituer un petit rapport écrit.
Nous étions
accompagnés dans ce périple par Géraldine Seigneur,
accompagnatrice diplômée d’état en moyenne montagne.
Le séjour
a été un enchantement. Le village de Tasiilak, 1500 habitants
environ, fait face à une baie ceinturée de montagnes escarpées
aux flancs chargés de glaciers encore largement recouverts de névés
en cette période de l’année. Dans l’eau limpide flottent
des icebergs dont le nombre varie en fonction des vents. Les températures
fraîches (entre 0 et 10°C) et la clarté du ciel donnent
à ce lieu une tonicité exceptionnelle. Nous avons posé
nos tentes sur le « terrain de camping », en réalité
un endroit bosselé pourvu d’un bidon de 200 litres d’eau froide
et d’un seau pour tout sanitaire ! L’hygiène a pu être respectée
grâce au courage de nos jeunes et à des douches régulières
à l’Hôtel Nansen. Heureusement, un marabout nous a permis
de prendre les repas à table (parfois à base de phoque !)
et à l’abri du vent.
Malgré
ces conditions peu habituelles pour des jeunes de banlieue (ainsi que l’absence
de télévision et de hamburgers !), tous ont apprécié
la rusticité du séjour.
Nous avons
pu découvrir le village, ses trois magasins, son port, visiter le
bateau ravitailleur qui ne vient que deux fois par ans du Danemark, l’église
où pour une cérémonie les Inuit avaient mis leurs
costumes traditionnels, le musée, la fabrique de Tuplilak ces petites
figurines en dent de narval aux vertus chamaniques, l’usine de traitement
des peaux de phoques, d’ours et l’atelier de couture de peau. Au-delà
de ces visites, c’est l’ensemble de la « civilisation du phoque »
du XXème siècle décrite par Paul-Emile Victor, Joëlle
Lamblin-Robert et bien d’autres, ainsi que le Groenland du XXIème
siècle qu’ont pu découvrir les élèves. Ils
ont même pu organiser un match de football contre de jeunes Inuit.
Le laboratoire
de météorologie tenu par Soren Baseboll nous a ouvert ses
portes et Soren, après une visite explicative a procédé
au lancement d’une radio-sonde météorologique.
L’école
nous a donné l’autorisation d’emprunter ses kayaks pour une petite
balade au milieu des glaces, avec bien sûr un bateau de sécurité
à nos côtés.
Emmanuelle
Saliou, une bretonne qui s’est installée ici voici huit ans, nous
a beaucoup aidé pour la préparation et la réalisation
de ce voyage et nous avons pu, dans son hôtel, prendre de réconfortantes
douches et un délicieux repas de fin de mission.
Mais une grande
partie du séjour s’est déroulée hors du village, à
l’occasion de multiples randonnées pour réaliser nos observations
et prélèvements. Les vallées riantes succèdent
aux sommets austères et aux fjords englacés. Seuls les moustiques
ont parfois eu raison de notre enthousiasme devant des paysages si grandioses
et si inhabituels. La visite du hameau d’Ikateq, dans le fjord Sermilik,
première terre visitée de la côte Est (en 1883 par
Gustave Hölm), nous a montré un étrange ensemble de
maisons presque toutes abandonnées, ainsi que l’église et
l’école, laissées en l’état depuis 1996. Il est vrai
que les conditions de vie dans ce bout du monde doivent l’hiver être
très difficiles.
Le souvenir
le plus marquant sera sans doute pour beaucoup le retour en bateau vers
l’aéroport de Kulusuk, où la navigation hasardeuse parmi
la glace dense et dans la brume nous a fait entrevoir un moment le fantôme
du Pourquoi-Pas ? du Commandant Charcot venu ici pour la dernière
fois en 1936, quelques jours avant son naufrage sur les côtes d’Islande.
Un parfum d’aventure pour ce voyage pourtant si sécurisé.
Maintenant
que nous sommes rentrés en France, la dernière partie du
programme commence : nous allons expédier les échantillons
pour l’étude des pollens à Denis-Didier Rousseau de l’Université
de Montpellier ; les insectes vont être déterminés
au Muséum National d’Histoire Naturelle ; les photos vont être
tirées en poster, le film sera monté ; puis nous diffuserons
cette riche moisson scientifique lors de la Semaine de la Science au Palais
de la Découverte à Paris le 16 octobre prochain.
De cette expérience,
financée en grande partie par la Ville de Gennevilliers, que restera-t-il
pour les neufs jeunes de la cité du Luth ? Probablement des souvenirs
forts, des images, des sensations mais aussi l’idée que derrière
un effort se cache souvent une récompense. Mais on peut facilement
se douter que les adolescents ayant vécu une telle expérience,
qui s’est inscrite dans la durée et dans l’effort, ne gâcheront
pas leur vie ou celle de leur voisinage par un comportement répréhensible
ou gênant. C’est ce qui motive notre équipe pour remercier
chaleureusement tous nos partenaires financiers et organisationnels, et
continuer à organiser ce genre de séjour.
Gabriel Picot,
Association « Nature et Aventure »
Contact : Nature
et Aventure, 24 rue du RPC Gilbert, 92600 Asnières
Remerciements
:
Partenaires
financiers : La Mairie de Gennevilliers (Gérard Loeillette et Nicolas
Garnier), le Conseil Général des Hauts de Seine, le Rectorat
de Versailles, l’Inspection Académique (Sylvette Pierron), BRED,
l’OCCE du collège Guy Moquait (Dominique Mercier), la FCPE du collège
Guy Moquait (Patricia Haegy et Thierry Leroy), Vivendi Environnement, The
Coca-cola Company, Sani 92, Métro France.
Partenaires
organisationnels : L’Institut Polaire Paul-Emile Victor (Franck Delbart),
le Centre Polaire Paul-Emile Victor (Stéphane Niveau), la famille
Victor (Stéphane, Clément et Jean-Christophe), Grand-Nord-Grand-Large
(Jean-Luc Albouy et Damienne Corpet), le laboratoire de Palynologie de
l’Université de Montpellier (Denis-Didier Rousseau), le laboratoire
d’Arachnologie du Muséum National d’Histoire Naturelle (Christine
Rollard), Géraldine Seigneur, Emmanuelle Saliou, l’école
de Tasiilak (Jens-Peter Davidson), Tuning Agency (Robert Peroni), Soren
Baseboll.
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