|
|||||||||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||||||||
|
Le « tout-venant » du Sarek Le lendemain, grand beau, après une nuit à -20°. Les hauts plateaux nous accueillent de toute leur blancheur (photo 2), et nous couvrons 22 Kms de toute beauté, surveillés par divers renards, élans et lagopèdes. Après un repos bien mérité, c’est une 4ème journée très blanche qui nous attend, jusqu’au soir où le temps se radoucit et se gâte. Il faut planter avant un col. Le lit du torrent que nous avons remonté s’ouvre et l’eau jaillit. C’est superbe et inquiétant à la fois. Pour « être dans le vent ( !) » nous faisons pivoter nos tentes quand celui-ci tourne. Suit une journée d’attente dans les rafales, la visibilité étant nulle. Enfin, le passage du col devient possible, et la traversée de la Njatjosvagge s’avère magnifique, entre d’élégantes parois recouvertes de neige glacée par le vent. La température est devenue très douce depuis trois jours (-3°). La galère finale Il nous reste trois jours pour rallier Kvikkjokk. Cela devrait être largement suffisant, compte tenu du fait qu’il ne nous reste que 25 Kms à parcourir… Nous avons rencontré un groupe de français de Villard de Lans qui s’inquiète également du redoux. Leurs équipements sont très adaptés au relief : fixations à la pulka rigides, chaussures et skis de télémark, pulkas légères et manoeuvrables. Nous avons tous l’intention de rentrer par la rivière gelée, si tant est qu’elle le soit complètement. Partis les premiers sur la rivière gelée à la surface de laquelle la neige botte énormément, nous sommes rapidement confrontés aux inévitables « rapides » de glace vive qui nous contraignent à rejoindre les rivages mal enneigés, pentus, et -surtout- couverts d’une forte densité de bouleaux. Les pulkas nous cognent les chevilles, s’enchevêtrent dans les branchages et nous déséquilibrent. Lassés après deux ou trois canyons de la sorte, nous décidons d’abandonner le cours sinueux de la rivière, afin de remonter sur les hauts plateaux pour couper plein sud vers Kvikkjokk. Avantage : oublier la forêt pendant une journée. Inconvénient : une dénivelée d’environ 500m à encaisser dans les bois (photo 3). Elle sera redoutable. En effet, pendant les 24 heures qui vont suivre, nous allons hisser, pousser nos pulkas, en tombant et jurant à qui mieux mieux. La neige est molle et ne tient rien. Nous nous enfonçons souvent jusqu’à la taille, skis aux pieds ! Il faut parfois creuser des corniches dans la pente pour passer à flanc, et c’est à la vitesse de 1km/h que nous avançons pendant plusieurs heures. Le plateau nous soulage enfin (photo 4), et la dernière nuit est passée à l’aplomb de Kvikkjokk, visible à 6 Kms à vol d’oiseau (photo 5). La descente, le lendemain, sur Kvikkjokk est digne d’un stage commando. D’abord pour Jean-Claude, mal habitué aux descentes assis sur la pulka (nous ne pouvons skier avec des fixations souples !) puis pour moi, quand la végétation se densifie et ne permet plus les excentricités du genre. Pour couronner le tout, je finis même par déchausser pour ouvrir dans une forêt d’arbres…couchés ! Les suédois ont aussi eu leur tempête… Il nous faudra 5 heures pour couvrir la distance de cette dernière étape.
![]() Photo 5 Journal de Jean-Claude : « Pour moi, c’est la plus difficile des journées. Nous traversons une nouvelle forêt de bouleaux très dense et en partie abattus ou aplatis par la tempête qui nous avait précédé ; la neige est pourrie (très molle, collante, profonde), le dénivelé est important. Nous avons fait du « jeté de pulkas » ! Je me casse la figure une cinquantaine de fois dans les arbres et c’est alors à mon tour de hurler toutes sortes de jurons. Ouf, ce sont nos derniers efforts. » Kvikkjokk enfin. Les français de Villard rencontrés il y a trois jours sont arrivés depuis deux heures. Ils n’ont pas quitté la rivière, leurs équipements leur ayant permis de contourner sans stress les rapides gelés. L’auberge de jeunesse nous héberge confortablement, avant de rentrer par le bus du lendemain matin sur Gallivare via Jokkmokk. Et le diabète dans tout cela ? (Par JC) « Le froid et les efforts physiques nous obligent à consommer beaucoup de calories, diabète ou pas. Nous faisions des pauses toutes les 1h30 pendant 20mn pour nous alimenter : thé, café, barres de céréales. J’avais en permanence sur moi fruits secs, barres de céréales, barres de chocolat, pâtes de fruits. J’ai vérifié régulièrement ma glycémie : elle était toujours très basse (entre 0.50 et 1 gramme). Je me suis rendu compte que je ne sentais pas venir, comme c’est le cas d’habitude, l’hypoglycémie. A basse température, l’insuline gèle et le testeur se met hors service : je les gardais à même le corps, sur ma poitrine, dans une poche en laine polaire. Je faisais deux injections par jour, matin et soir, en divisant, sur les conseils de mon médecin, les unités (soit 6 unités le matin au lieu de 11 et 8 le soir au lieu de 16 avec de l’insuline NPH).» |
||||||||||||||||||||||||||||
| Pour en savoir plus sur ce voyage. |
| Votre voyage en Suède |
| Tous nos voyages sur la destination Suède |
| Tous nos voyages dans l'activité Ski nordique |
| Tous nos voyages dans l'activité Voyage à la carte |