bonjour à tous,
Vagabond et son équipage, France Pinczon du Sel, Gérard Guérin et moi-même, hivernent actuellement au Kamtchatka. Le voilier polaire est paisiblement pris dans les glaces du port de Petropavlovsk-Kamtchatsky, et nous préparons la suite de l'expédition circumpolaire. Notre but est de rejoindre la Bretagne en octobre 2003 après avoir franchi le Passage du Nord-Ouest et ainsi bouclé le tour le l'Arctique.
Nous partagerons avec vous nos aventures à bord de Vagabond lors des Nuits Polaires, à l' Institut Océanographique (195, rue St Jacques - 75005 Paris), le dimanche 2 février 2003 :
- 15h45 : "Vagabond on Ice", film de Samuel Ducoin;
- 18h50 : liaison téléphonique en direct avec le Kamtchatka, et projection sur l'expédition "Passage du Nord-Est" (août 2002).
Le programme complet des 3 jours du festival est en pièce jointe, également sur www.gngl.com rubrique Nuits Polaires.
2 nouveaux prix nous ont été attribués pour avoir franchi les premiers le Passage du Nord-Est sans hivernage :
- le Prix du Mérite 2002 de l'Ocean Cruising Club (Angleterre),
- la médaille de Tilman du Royal Cruising Club (Angleterre).
La température est ici de -15 degrés, mais les échanges sont toujours chaleureux avec les habitants qui profitent de l'ouverture récente de leur magnifique région aux étrangers.
Amicalement du Kamtchatka,
Eric BROSSIER
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Petropavlovsk-Kamtchatsky, 15 decembre 2002,
Vagabond a retrouvé son équipage pour l'hiver.

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Petropavlovsk-Kamtchatsky, 10 octobre 2002,
Vos très nombreux messages de félicitations nous ont tous beaucoup touchés, merci.
France Pinczon du Sel et moi serons présents au Festival International du Film d'aventure, à Dijon, du 17 au 20 octobre 2002. Actuellement Vagabond s'installe au Kamtchatka pour l'hiver, il restera aux bons soins de Gérard Guérin pendant notre séjour en France (du 13/10 au 10/12).
Après de belles escapades autour de Provideniya, et une fête mémorable avec l'équipage de Dagmar Aaen pour célébrer notre réussite du Passage du Nord-Est, Vagabond a rejoint Anadyr (capitale de la Tchoukotka) le 12 septembre. Rencontres fascinantes en chemin avec une grande colonie de morses, puis avec de nombreux bélougas. Nous avons été chaleureusement accueillis par les médias locaux (TV, radio, gazette), et des échanges privilégiés ont eu lieu avec le gouvernement de la province, le musée régional, un groupe de danses et de chants tchouktches, et deux organismes humanitaires locaux. Nous n'oublions pas non plus l'équipage du Pacific Star, venu de Singapour pour poser un câble sous-marin, qui nous a approvisionné en gasoil, en huile moteur, en eau douce, en cartes marines, et qui a renouvelé nos amarres !
Le 28 septembre, avec un enrouleur de grand voile réparé (bravo Gérard !) et de nouveaux visas, Vagabond et ses 3 membres d'équipage ont repris la mer vers le sud pour atteindre la capitale du Kamtchatka le 5 octobre, soulagés de quitter une mer de Béring particulièrement agitée et ventée. En entrant alors de nuit dans la baie d'Avacha, du nom du volcan qui domine Petropavlovsk-Kamtchatsky, notre accueil fut assuré par le voilier Arktour, le premier rencontré depuis notre départ de Mourmansk le 30 juillet dernier. 2 bouteilles de vodka furent indispensables pour marquer l'événement !
Vagabond reprendra la mer au printemps, pour un cabotage nippon tout d'abord, mais en attendant, n'hésitez pas a nous rendre visite si les volcans du Kamtchatka vous attirent cet hiver.
A bientôt,
Eric Brossier
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Provideniya, Tchoukotka, mer de Bering, 3 septembre 2002,
Après avoir parcouru 6 380 milles depuis Saint-Quay-Portrieux
(11 820 km), dont 3 770 milles depuis Mourmansk (6 980 km), Vagabond et
son équipe ont réussi le passage du Nord-Est en franchissant
le détroit de Bering le 31 août (dans le brouillard...). Champagne
! Nous avons atteint Provideniya le 2 septembre, port créé
par les Soviétiques pour contrôler les bateaux empruntant
la Route du Nord, marquant notre arrivée administrative.
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En quittant Tiksi le 19 août, d'après les informations
reçues a bord, nous nous attendons à rencontrer une grande
quantité de glaces dérivantes. Seuls un ou deux phoques,
de fréquents bancs de brume, un bon vent de sud-ouest et une mer
agitée agrémentent notre traversée de la mer de Sibérie
Orientale. Le 25 août, Vagabond s'engage dans le détroit de
Long, du nom du commandant de la Jeannette, navire américain qui
tenta d'atteindre le pôle Nord en 1879, et qui fut écrasé
par les glaces après 22 mois de dérive (les débris
retrouvés au Groenland inspirèrent alors Nansen pour refaire
cette dérive a travers l'Arctique avec le Fram).
Le baromètre chute de 50 millibars, la houle devient grosse,
Vagabond surfe parfois a plus de 9 nœuds, évitant de justesse quelques
gros morses et leurs petits, plus à l'aise que nous dans les vagues.
Soudain, alors que la nuit tombe, des glaces apparaissent autour du voilier.
Le danger est grand, il faut distinguer à temps et contourner aussitôt
chaque bloc de glace, chaque zone de pack. Le vent et la houle nous entraînent
à bonne allure, il est impossible de ralentir au risque de ne plus
être manœuvrant. Pour une vigilance maximale, France, Gérard
et moi nous relayons toutes les trente minutes à la barre, jusqu'à
ce que la lumière du jour soit à nouveau suffisante pour
anticiper sereinement notre trajectoire. Boris, ancien pilote de la Route
du Nord, veille lui aussi, mais sa vue n'est pas la plus fiable et il a
certainement bien mérité sa retraite. Son rôle principal
reste les liaisons radios avec les autres bateaux ou les autorités,
puisqu'il est le seul à bord à parler le Russe.
Vagabond passe l'antiméridien le 27 août, au niveau de
l'île Wrangel que le gros temps et les glaces écartent malheureusement
de notre route, et se rapproche de la Bretagne désormais. La mer
des Tchouktches nous accueille magnifiquement : une météo
splendide, un littoral montagneux, quelques souffles de baleines et surtout,
un ours polaire qui nage longtemps devant l'étrave. Peu après,
alors que nous traversons une zone de glaces éparses, nous rencontrons
encore plusieurs ours blancs qui dorment çà et là
sur la banquise, ou bien courent sur la glace, plongent, nagent, remontent
sur la plaque de banquise suivante. Cette journée est inoubliable.
A moins de 200 km du détroit de Bering, nous faisons escale
au lieu d'hivernage de la Vega, où Nordenskjold dut attendre 10
mois avant de réussir le premier franchissement du passage du Nord-Est
en 1878-79. Nous y trouvons les restes d'anciens campements tchouktches,
et y dressons notre cairn. Au village de Nieshkan, nous sommes parmi les
premiers étrangers à débarquer et Vagabond attire
beaucoup de curieux ; les villageois nous offrent de délicieuses
camarines et airelles, et nous fournissent de la viande de renne. Le lendemain,
juste avant d'entrer dans l'océan Pacifique, au village de Ouelen,
non seulement Boris, mais aussi les garde-côtes nous font bien comprendre
que nous ne pouvons pas descendre à terre ; nous négocions
une brève escapade malgré tout, et par pure coïncidence,
nous y rencontrons un Français qui tourne son troisième film
sur les chasseurs de morses et les habitants de Ouelen, pour la même
chaîne de télévision que Vagabond (le film de notre
expédition est prévu pour le printemps 2003).
Le passage du Nord-Est est franchi quelques heures après avoir
passé le cercle polaire, un mois après avoir quitte Mourmansk.
Victoire ! Puis en passant le cap Dezhnev (détroit de Béring),
nous recevons les félicitations du chef des opérations marines
de la Compagnie de Navigation de Mourmansk. Ce message officiel a d'autant
plus d'importance pour moi que la partie administrative fut sans aucun
doute la plus difficile et la plus fastidieuse, et que les autorisations
ont finalement été obtenues dans les règles de l'art,
sans l'aide d'un organisme extérieur, sans la moindre corruption.
Comme pour célébrer la réussite de l'expédition
préparée depuis 3 ans, la mer est calme et un groupe de baleines
se laisse approcher en mer de Béring... Une dernière, magnifique,
vient nous saluer alors que nous jetons l'ancre devant Provideniya.
Vagabond devient le premier voilier à franchir le passage du
Nord-Est sans hiverner, le premier voilier étranger à le
réussir depuis l'époque soviétique, et le premier
voilier à avoir réalisé les deux passages, Nord-Ouest
(1988) et Nord-Est (2002).
"Enfin, il était atteint, ce but poursuivi par tant de nations,
depuis que sir High Willougby quitta le port de Greenwich, le 20 mai 1553,
au bruit du canon et des hourra des matelots en grande tenue. Après
326 ans, et lorsque la plupart des hommes compétents avaient déclaré
l'entreprise impossible, le passage du Nord-Est était enfin réalisé,
sans perte d'homme, sans dommage au navire." (discours de Nordenskjold,
1er mars 1880)
Vagabond se prépare à hiverner dans le Pacifique Nord,
à suivre...
Pour tout savoir de cette expédition, Cliquez ici
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Vagabond, premier voilier à franchir le passage du Nord-est sans hivernage, en une seule saison.
date: fri, 30 aug 2002 15:26:31
yacht : Vagabond
capitaine : Brossier
cher mr. Brossier,
Nous aimerions vous féliciter pour votre passage réussi de la route du Nord-est. Nous vous souhaitons ainsi qu'à toute l'équipe d'avoir autant de réussite, une bonne santé et une bonne navigation.
salutations
N. Babitch
(chef des opérations marines, compagnie maritime de Murmansk)
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Détroit de Dmitriy Laptev, 21 août 2002,
6h ce matin, heure de Paris, Vagabond est sur le même méridien
que
Nagoya (ville natale du captain). Il est 17h à bord. Nous
sommes en
effet à l'heure de notre destination depuis 2 jours, les
montres et
instruments ont franchi d'un seul coup les 9 fuseaux horaires qui
séparent Mourmansk de Provideniya.
Depuis le cap Tcheliouskine, pour traverser la mer de Laptev et
atteindre le delta de la Lena, nous contournons par le sud-ouest
un
grand champ de pack, en longeant un peu plus la côte pendant
3 jours.
Plusieurs fois les glaces dérivantes barrent la route de
Vagabond,
parfois soudainement dans la brume, provoquant un peu de précipitation
pour ranger les voiles et manoeuvrer a travers la banquise disloquée,
sous les regards de quelques morses et phoques, endormis ou curieux.
Les
conseils envoyés par la Compagnie de Navigation de Mourmansk,
à qui nous
transmettons notre position 2 fois par jour, sont confirmés
lors d'un
échange radio avec un brise-glace. Ils s'avèrent autant
utiles que les
discussions avec l'équipe du Dagmar Aaen, avec qui nous comparons
toutes
les informations reçues à bord au sujet des glaces.
Mais rien ne
remplace notre fidèle nid de pie pour une vigie efficace
Tiksi, ville importante de Iakoutie (la plus grande république
de la
fédération de Russie), ne compte plus que 5000 habitants
aujourd'hui,
contre 30000 à la fin de l'époque soviétique.
L'activité de ce port
principal de la route du Nord a considérablement chuté,
et les places à
quai ne manquent pas pour Vagabond, premier voilier étranger
à y faire
escale. C'est là que le voilier russe Apostle Andrey passa
l'hiver,
avant de franchir le passage du Nord-Est en 1999 ; il est actuellement
engagé dans le passage du Nord-Ouest.La région est montagneuse, et la toundra environnante offre
suffisamment
de champignons pour occuper toute la population en ce dimanche 18
août !
Echange de demeures en peintures, France fait une aquarelle de Vagabond
et la troque contre 2 toiles qui représentent de grandes
tentes
traditionnelles. L'artiste evenk nous apporte aussi 5kg de poisson
et
nous montre quelques oeuvres d'art utilisant par exemple des morceaux
de
défense de mammouth. Après avoir répondu aux
questions d'une journaliste
du Phare de l'Arctique, le journal local, les 2 jours d'escale
s'achèvent avec la visite intéressante du musée,
organisée pour nous et
pour 2 voyageurs ukrainiens qui parcourent le monde en stop, tous
moyens
de transport confondus.
Une grande zone de pack menace de fermer la route plus à l'est,
Mourmansk nous conseille de ne pas perdre de temps. Nous quittons
Tiksi,
un peu déçus de ne pas pouvoir y accueillir, quelques
jours plus tard,
l'aventurier Gilles Elkaim, lancé dans la traversée
de l'Arctique russe
depuis mai 2000. Arved Fuchs doit attendre 2 équipiers avant
de
reprendre la mer avec Dagmar Aaen.
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Mercredi 14 août 2002 03:14
Tcheliouskine
La Grande Expédition Arctique, décidée par l'impératrice
Anna et composée de 5 expéditions, employa mille personnes
de 1733 a 1742 pour explorer la possibilité d'un passage maritime
le long de la côte de Sibérie.
L'officier de marine Chariton Laptev et son second, le lieutenant Tcheliouskine,
explorèrent la péninsule de Taymir en
traîneaux a chiens.
"Le 19 août 1878, a 6h du soir, la Véga et la Lena
mouillèrent dans une échancrure de ce cap, ouverte vers le
nord.
Ainsi se trouvait atteint un résultat important, désiré
depuis le commencement du siècle. Pour la première fois un
navire
ancrait devant le cap le plus septentrional de l'Asie. En l'honneur
de cet heureux événement les bâtiments se
pavoisèrent et tirèrent une salve ; puis au retour
d'une excursion à terre, l'on déboucha les vins fins." (A.E.Nordenskjold)
"17 août 1991. Notre progression est de 3 nœuds dans un pack
très dense. A 6h30 le Russya rejoint le convoi et passe devant
escortant un train composé maintenant comme suit : Russya
- tanker - Capitan Dranitsin (brise-glace) - L'Astrolabe.
Nous sommes dans du 10/10 pack compact avec hummocks. A 13h15 nous
sommes rejoints par un second
brise-glace nucléaire, l'Arktika, qui pendant 1h et à
16 nœuds nous ouvre un chenal dans le pack.
Nous passons ainsi le Cap Tcheliouskine."
(Extrait du journal de bord de L'Astrolabe, premier navire occidental
à réutiliser la route du Nord ferme depuis 70 ans)

Cap Tcheliouskine, 12 août 2002, Vagabond jette l'ancre à
17h50 devant la base militaire, à l'abri de la houle, derrière
une plaque
de banquise. Hormis les quelques glaces à franchir hier, nous
naviguons en eaux libres depuis Dikson, les conditions cette année
sont
particulièrement favorables. Le garde-côte qui embarque
grâce à notre annexe pour contrôler nos passeports et
autorisations,
explique que le cap est resté prisonnier de la banquise l'été
dernier. Depuis l'époque soviétique, seuls 2 voiliers russes,
Apostle Andrei et Sibir, ont franchi ce cap, en 1999 et 2000. Dagmar
Aaen ne tarde pas a créer la foule !
Malgré l'état déplorable de la base, nous profitons
d'un agréable sauna avant de déboucher le champagne à
bord, et admirons
quelques phoques, morses et bélougas devant le cairn historique.
L'autorisation est donnée à Gérard pour décoller
avec son paramoteur,
mais pas moyen de trouver un terrain suffisamment dégagé.
Non loin derrière l'aéroport abandonné, Sacha, géophysicien,
nous fait visiter ce qu'il reste de la base scientifique qui occupait
plus de 70 personnes auparavant. Ses capteurs magnétiques
dernier cri contrastent fort avec la vétusté des installations.
Nous assistons aussi au passage du premier convoi de la saison,
un tanker précédé du brise-glace nucléaire
Sovietsky Soyouz, émergeant de la brume a quelques miles de la côte.
Boris est fier d'avoir ouvert la route en voilier cette année
!
Les longitudes défilent (le Cap Tcheliouskin, 77-43N 104-14E,
est sur le même méridien que Singapour !), Vagabond fait route
au sud-est maintenant, en mer de Laptev.
Vagabond est en Russie depuis une semaine. La période de navigation dans l'Arctique commence à peine, la glace fond peu a peu au large de la Sibérie, ce qui nous laisse le temps d'approfondir nos longues et indispensables démarches administratives. Grâce aux précieux contacts mis en place avec l'aide de l'ambassade de France, l'équipe est notamment soutenue par l'Université Technique de Mourmansk, jumelle avec Brest, possédant le célèbre voilier 4 mats Sedov et un centre moderne de formation aux métiers de la marine marchande. Les interviews pour la télévision locale se multiplient, et l'enthousiasme pour notre expédition est ici bien réel !
Vagabond a donc quitte Tromso le 5 juin, après la sympathique visite d'Olivier Pitras, pour continuer sa route vers le nord-est. L'accueil a Hammerfest a été excellent, assuré par Eivind dont le grand-père participa à une expédition polaire américaine, et par Pele qui nous a fait rencontrer le capitaine du chalutier russe Gugunov. Juste avant le Cap Nord, une courte escale a permis à Gérard, photo en main, de revoir 2 de ses amis datant de son périple en moto équipée de skis, en hiver 89. Notre voisin de ponton était alors un baleinier, de retour d'une chasse fructueuse.
Le 8 juin vers midi, Vagabond contournait la pointe Knivskjelodden, le point le plus septentrional de l'Europe, et doublait peu pares le mythique Cap Nord surplombant de ses 300 mètres la mer de Barents. Quel plaisir de jeter l'ancre dans la petite baie tranquille d'Hornvika, cachée des bus de touristes par la falaise ! Il a fallu 2 bonnes heures ont l'équipe pour tamponner, signer, et honorer les voeux de nos chers philatélistes, avant de poursuivre vers l'est.
Le rendez-vous avec la Grande Hermine, navire de grande pêche de Saint-Malo, a été un succès : a une douzaine de miles au large des cotes norvégiennes, nous avons eu la joie d'accueillir à bord Céline, amie de France, et Nicolas, le boulanger, charges de pain tout chaud et de vivres frais. Retrouvailles chaleureuses et insolites !
A Kirkenes, l'escale s'est prolongée afin d'arriver à Mourmansk un jour de semaine. L'équipe a ainsi eu le temps d'accueillir l'équipière Karen, de fêter les 33 ans du capitaine, de répondre à la presse locale et de vérifier doublement les formalités d'entre en Russie. Pour la 'Faites de la lumière', le 15 juin, Vagabond était à l'ancre dans la petite baie de Smaastromman, proche de la frontière. Le soleil était encore haut a 2 heures du matin, participant directement a la fête, et les rennes et renards polaires rencontres dans les environs ne se sont probablement doutes de rien lors de la séance Super 8 qui s'est joyeusement déroulée dans le carré du bateau.
Chacun d'entre nous gardera en mémoire notre arrive à Mourmansk, la longue attente a l'entre du fjord, puis celle, 30 miles plus loin, a l'entre de la ville, en compagnie de 2 garde-côtes perplexes mais très coopératifs. Bien que préparée longtemps a l'avance, plusieurs jours ont été nécessaires aux douaniers et autres autorités pour tout vérifier, pour contrôler nos intentions et contacts, pour que tout soit en règle. La plaisance en mer de Barents ne s'envisage pas aujourd'hui a l'improviste.
A bientôt,
Eric
Plus d'infos et d'images sur notre site Internet.
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Pendant la période de chantier, les cerveaux aussi travaillent. France vous fait une super proposition ... Bonjour,
En cette période de chantier pour Vagabond, certains planchent afin de partager de manière très concrète le Passage du Nord-Est que nous préparons.
Des tampons sont ainsi à l'étude pour venir décorer 3 enveloppes commémoratives de cette expédition, que nous affranchirons respectivement en mai au départ de Saint-Quay-Portrieux, en juin à Mourmansk (Russie), puis en octobre à l'arrivée à Nagoya (Japon).

Que vous soyez philatélistes ou non, ces missives voyageuses seront pour nous l'occasion de vous envoyer un peu d'air arctique, et pour vous, de conserver une trace, un petit bout de notre grand voyage...
Pour réserver ces plis vagabonds (23,87 Euros la série des trois plis, port inclus), envoyez un chèque à l'ordre de
Association Nord-Est,
Port d'Armor,
22410 Saint-Quay-Portrieux (France),
ainsi que votre adresse postale, avant le 27 avril 2002. Les plis vous seront retournés à l'automne 2002,
éventuellement en 2003 pour le dernier pli dans le cas d'un hivernage.
Plus d'information : Cliquez ici
Vagabondeusement vôtre,
France
le 1er février 2002
Bonjour !
Entre festivals, conférences, salons nautiques et préparation de la prochaine expédition, les activités de l'équipe de Vagabond seront soutenues jusqu'au 12 mai 2002.
L'équipage de Vagabond sera presque au complet pour assister aux Nuits Polaires, un festival à ne pas rater, samedi 2 et dimanche 3 février à l'Institut Océanographique de Paris (www.gngl..com).
Le 9 février, l'Association des Plaisanciers du Port de Vannes nous accueille pour un diaporama sur la dernière expédition de Vagabond au Groenland (été 2001), à 20h30, à l'Université de Bretagne Sud. Durant cette conférence ouverte à tous, nous présenterons notre prochaine destination, le passage du Nord-Est.
Après cette escale vannetaise, Vagabond rejoindra le chantier de l'Esclain, à Nantes, pour affiner sa préparation, puis sera l'invité du salon nautique Embarque à Nantes, du 15 au 18 mars.
Du 27 février au 1er mars, l'équipe de Vagabond participe à un cycle de conférences dans les écoles de Portsall et de Ploudall (Finistère), organisé par l'Institut Polaire.
Vous pouvez retenir dès aujourd'hui que Vagabond quittera son port d'attache, le Port d'Armor à Saint-Quay-Portrieux, le 12 mai 2002, pendant la Fête du Nautisme. Cap au Nord.
Nous sommes heureux de compter Lestra (www.lestra.com), et ChartWorx (www.chartworx.com), parmi nos nouveaux partenaires.
Un opération philatélique a été lancée par l'équipe de Transpol'air, vous pouvez d'ores et déjà réserver vos plis sur transpolair.com.
Les élèves du lycée professionnel hôtelier La Closerie, à Saint-Quay-Portrieux, invitaient hier France et moi à déguster leurs oeuvres, mais surtout pour commencer ensemble un travail pédagogique sur l'alimentation à bord. Nous nous concentrerons sur les produits laitiers.
De retour de Sibérie depuis quelques jours (lire très prochainement sur www.participez.com), j'ajoute quelques paysages à ces trépidantes nouvelles, et je vous souhaite de vivre en 2002 l'aventure dont vous rêvez.
A bientôt,
Eric Brossier
Reykjavik, le 22 juin 2001
Vagabond et son équipage son arrivés en Islande ce matin à 3h (5h en France), récit de notre périple dans quelques jours.
Ammassalik, le 4 juillet 2001
Après 2 jours de tentatives pour franchir les glaces dérivantes, Vagabond a atteint Ammassalik (côte Est du Groenland) mardi après- midi, aidé des 8000 chevaux du Kista Arctica. Toute l'équipe est en forme, l'aventure continue au gré des glaces, un récit plus détaillé sera prochainement sur le site.
Ammassalik, le 23 juillet 2001
Depuis 3 semaines, les émotions fortes et rencontres se sont enchainées, tant et si bien que mon journal est encore à l'état de notes succintes... mais je ne désespère pas vous le faire partager bientôt. En attendant un récit plus complet de notre périple, voici quelques instants choisis.
Le 7 juillet, les 3 alpinistes canadiennes embarquées à Reykjavik, accompagnées de Dave leur photographe, sont déposés par Vagabond avec leur 300 kg de matériel au fond du fjord Tasilaq, proche du massif Schweizerland où se trouvent les pics de granit du cirque de Fox Jaw. L'expédition est partie pour 1 mois et demi à l'assaut de nouvelles voies.
Le 10 juillet, après avoir préparé leurs 2 kayaks, apportés par Vagabond depuis la Bretagne, et après avoir mis au point les dépôts de vivres et les procédures de communications avec Vagabond, Christian et François ont quitté Ammassalik vers le nord, prêts à pagayer pendant 2 mois le long de la côte Est du Groenland. Le premier dépôt de vivres n'a pas pu avoir lieu exactement à l'endroit prévu (66°N) en raison des glaces dérivantes trop nombreuses, et n'a pu être réalisé qu'à l'aide des combinaisons de survie, en marchant sur les plaques de banquise et en nageant jusqu'à la côte. Grâce aux vacations radio avec Pierre et aux échanges par satellite avec Marc, la position précise des vivres a pu leur être transmise. Nous suivons de près leur progression et envisageons de reprendre ces vivres pour les redéposer plus loin, si les glaces veulent bien se disperser un peu plus.
Dimanche 22 juillet 2001, Vagabond dérive doucement vers la sortie du fjord d'Ammassalik, entouré par le pack trop dense. Le mouillage pris pour la nuit devant Kummiut n'a pas tenu, l'ancre a été arrachée par les glaces dérivantes, alors nous profitons de la marée descendante pour tenter de faire quelques milles, en espérant trouver une eau plus libre bientôt. La marée remonte, le pack se resserre, nous attendons la marée descendante suivante... En vain. Atteindre Kulusuk n'est finalement pas possible, et après 24h d'efforts, à pousser les glaces, à attendre, à longer la côte au risque de toucher le fond (ce qui arrive, instants d'inquiétudes...), nous jetons l'ancre à Ammassalik ce matin très tôt. Les vagabondeurs en partance doivent prendre l'hélicoptère pour rejoindre l'aéroport de Kulusuk, même chose pour ceux qui embarquent aujourd'hui. Par chance, la météo est excellente, la vue de la banquise disloquée à la dérive doit être inoubliable...
Les rencontres avec Hans-Peter, groenlandais, professeur de mathématique à Ammassalik, avec Emmanuelle Saliou, bretonne, employée au service de philatélie d'Ammassalik depuis 5 ans, et avec Max Audibert, marseillais, chasseur de phoques et guide depuis 12 ans à Tiniteqilaq, nous ont autant passionnées que la découverte des fjords, des glaciers, des villages de la région, de la vie à bord de Vagabond.
Demain, 24 juillet, toute l'équipe de Vagabond est invitée à l'inauguration de la nouvelle exposition permanente sur Paul-Emile Victor, au Musée d'Ammassalik.
Ammassalik, le 31 juillet 2001
27 juillet, Vagabond est à l'ancre devant le petit village de Tiniteqilaq, au bord du grand fjord Sermilik, toujours encombrés de magnifiques icebergs. Nous sommes à l'abri pour laisser passer un coup de vent annoncé depuis 2 jours par Radio Ammassalik, et pour rendre visite à Max.
Max était jeune marseillais quand il est arrivé ici il y a 12 ans. Il est maintenant chasseur et guide, parfaitement intégré au sein de la petite communauté groenlandaise.
Max passe en kayaks devant Vagabond et m'invite à le suivre en annexe vers la petit baie voisine où il va nourir ses chiens avec un phoque fraichement tué. Piem et Nicole sont avec moi, et nous assistons à la découpe méthodique de l'animal, qui est entièrement distribué entre ses 16 chiens attachés chacun par une chaine à côté d'un petit court d'eau. Max répond patiemment à toutes nos questions sur sa vie, sur les chiens, sur les déplacements en traineau en hiver...
Plus tard, chez lui, autour d'un grand plat de viande de phoque offerte par son voisin quelques heures auparavant (délicieux avec de la moutarde), il poursuit modestement ses explications sur la vie d'un chasseur à Tiniteqilaq. Il nous confie aussi son projet d'expédition autour de la région, 3 semaines à ski sur l'inlandsis pour contourner tous les fjords.
Max, sa femme, et 3 enfants viennent ensuite se joindre à nous pour un repas à bord du bateau. Je savoure énormément le fait de pouvoir rendre l'accueil et inviter chez moi. Je vis pleinement ce profond désir si souvent ressenti en voyageant, de pouvoir recevoir à mon tour et remercier l'hôte. 15 à table pour un poulet au citron, il y a du pain frais qui sort du four (bravo Christiane), du saucisson, un peu de fromage, et de la crème dessert. Max et sa famille nous quittent enchantés, nous le sommes tous.
Nous avons pour mission de se rendre au camp de base des canadiennes, pour leur proposer de revendre à Max du matériel d'alpinisme une fois leurs ascensions terminées, à la fin du mois d'août.
Dernière nouvelle, les kayakistes Christian et François ont récupéré les vivres déposées il y a 10 jours, et nous préparons le dépôt suivant.
Ammassalik, le 8 août 2001
1er août. Pour la première fois de l'été, nous tentons de faire le tour de l'île d'Ammassalik en passant par le sud. Ces parages là, Vagabond s'en souvient pour y avoir lutté en dérivant pendant deux jours parmi de grosses plaques de glaces, début juillet..
Marc, fraîchement arrivé, prend sans hésiter son poste dans le nid de pie : c'est la première ascension de notre marin montagnard ! Cléo, Piem, France et moi guettons d'en bas. 2 sont armés de perches, un autre transmet les infos au barreur. Nous avons beau être concentrés, la magie de la navigation dans le pack nous reprend, dans cette belle atmosphère un brin bruyante. Tout ce blanc vit, arrêté sur tribord par les hautes montagnes, respirant sur bâbord jusqu'à la mer ouverte... que l'on ne distingue même pas à l'horizon.
Le pack s'annonce dense mais un passage devrait se dessiner proche de la côte. Soudain nous apercevons venant d'en face une coque rouge munie de deux petits mâts caractéristiques : c'est le Timmik, le bateau de l'hotel d'Ammassalik, bien motorisé, qui file le long de la côte. Par VHF, je lui demande quelques infos sur les glaces. Il revient d'Ikatek où nous allons : 'Nous avons pu nous y rendre sans trop de difficultés, mais les glaces se resserent très vite actuellement, et nous ne sommes pas sûr de pouvoir rejoindre Ammassalik facilement'. Le courant agit vite, nous sentons de l'inquiétude dans ses mots.
Un autre appel VHF nous apprend que Soren, notre fidèle interlocuteur de Radio Ammassalik est aussi dans les parages. Rapidement, il est juste derrière nous puis nous double tout guilleret sur son embarcation originale, très fier de sa nouvelle chambre d'expansion qui lui sert aussi de fourneau à l'air libre pour cuire ses saucisses. D'ailleurs, il est prêt à amorcer un détour pour nous les faire goûter avant de rentrer sur Ammassalik ! Le pack se resserre et le soleil tombe derrière les montagnes, les conditions ne sont plus les siennes.
Après cette dernière rencontre, Vagabond s'enfonce dans la glace plus dense en commençant à batailler à l'aide des perches à glaces. Le passage le long de la côte est étroit et s'il existe, c'est surtout grâce aux hauts fonds et aux cailloux qui affleurent. Les parties immergées des plaques de glaces sont énormes et occupent souvent ce que nous pensons être des espaces libres. Coincé sur l'une d'elles à moins de dix mètres des rochers, Vagabond une fois de plus nous prouve ce dont il est capable à l'aide de ses deux moteurs et des bras énergiques qui guident l'étrave en poussant sur la glace. Heureusement, le pack se disperse progressivement et nous slalomons en profitant des douces lumières du soleil qui se couche. Nous apprécions de l'intérieur, un chocolat bien chaud entre les mains, les icebergs qui se teignent de rose, le contraste avec ce ciel si bleu, la pleine lune toute rose qui se lève. Sur le pont, le froid nous pique le temps d'une photo.
L'entrée dans le grand fjord Sermilik est toute aussi majestueuse. Après une lente approche d'Ikateq dans la pénombre, Vagabond se faufile entre une poignée d'îles où l'on distingue quelques maisons, mais aucune lumière. Mystère... La carte marine dit peu de choses, autant sur les fonds que sur un éventuel mouillage privilégié alors, après quelques tâtonnements nous jetons l'ancre en remettant au lendemain la découverte du village. Il est minuit et nos yeux sont encore remplis des images de ces sept belles heures de navigation.
Avec Marc à bord, nous ne manquons pas une occasion pour crapahuter sur la glace. Encordés, équipés de crampons et piolets, nous prenons un peu d'altitude sur un glacier choisi, ou bien descendons dans les crevasses. Dans le fond du fjord Tasilaq, depuis un gigantesque glacier sans nom, nous apercevons les tentes des 3 canadiennes, trop loin pour les y rejoindre. Elles sont probablement en pleine ascension, et semblent s'être bien installées pour leurs deux dernières semaines d'autonomie. Je rencontre Dave à l'aéroport de Kulusuk 2 jours plus tard, il a passé un mois avec elles, et il me fait part de la réussite de leur entreprise. A leur actif, une belle ascension de 47 heures avec 2 bivouacs en paroi.
Position des kayakistes au 5 août : 66 37 55 Nord, 34 20 39 Ouest, ils ont déjà passés le cap Gustav où nous avons travaillé l'an dernier avec les géologues. Les glaces y sont moins denses selon eux. Nous préparons le dernier dépôt de vivres.
Vagabond s'apprête à accueillir, vendredi 10 août, le reste de l'équipe scientifique, afin de partir pour 3 semaines d'expédition géologique, à 500 km au nord d'Ammassalik. Franck, responsable logistique de l'Institut Polaire, et Jean-Paul, géologue, ont embarqué hier soir à Kulusuk, peu après l'arrivée de Jacques et Samuel, chargé de la réalisation d'un film.
Hanz-Peter, d'Ammassalik, me donne ses conseils sur la route, m' indique les glaciers et fjords dangeureux, les hauts fonds, les zones très fréquentées par les ours polaires. Il mentionne plusieurs inuits qui sont en train de chasser là-bas.
L'aventure continue sur le site, bien que notre webmaster ait quitté le bord après une bonne plongée sous la glace. Il cherche maintenant les sources d'eaux chaudes islandaises…
Ammassalik, le 3 septembre 2001
Lundi 3 septembre, peu avant midi, Vagabond est de retour à Ammassalik, après plus de 3 semaines d'expédition géologique (Tectomagma). Quelques centaines de mesures et d'échantillons rapportées par nos 5 géologues, des milliers d'images, des heures de film, des souvenirs uniques partagés en équipe, toujours avec une pointe d'humour, malgré les conditions difficiles : 9 nuits passées à la dérive, prisonniers des glaces, des bancs de brumes soudains, un vent catabatique atteignant 50 noeuds, de forts courants, de la houle venant du large et ne faisant pas bon ménage avec le pack...
Quelques bosses sur la coque du bateau, mais toute l'équipe va bien, y compris Christian et François, récupérés sur l'île de Sondre Aputitek, samedi 1er septembre, avec leurs kayaks. Conditions difficiles pour eux aussi qui sont restés coincés 13 jours sur cette île.
Mon journal serait ici bien trop long... j'ai plaisir à laisser la parole aux membres de l'expédition :
"Je ne me souviendrai pas seulement des réveils à 3 h sur le pont givré, une perche à la main (collée par le froid !) dans la 'machine à laver' (pack associé à de violents courants et une forte houle), mais aussi des sereines heures immobiles dans les glaces, les affleurements (roches) à portée de masse, inaccessibles..." (Gilbert, géologue)
"Le chant du styrène qui nuitamment nous fit aller à la perche, le pastel des aubes, les glissades sur le gneiss (vieux granit) polis par les glaces, la mesure profonde de l'Inlandsis dans la frange du continent vert - vert épidote (sacré Erik [le Rouge]) - et les agapes boréales à bord de Vagabond. Autant de souvenirs gravés plus profond que les fjords." (Yanni, géologue)
"A Vagabond et aux vagabonds que vous êtes, je dis bravo pour ce que vous faites et ce que vous êtes. Si Vagabond a souffert dans les glaces, c'était pour une équipe de passionnés et c'est là sa véritable mission." (Jacques, cameraman et photographe)
"Il n'y a pas 36 solutions pour transformer des conditions a priori très défavorables à l'exploration scientifique, en succès final : il faut être pugnace et courageux, et ne pas hésiter à s'engager malgré les risques. Ce sont ces qualités que j'ai trouvé à bord de Vagabond. Quand en outre, on rencontre compétence et bonne humeur, on ne peut que recommander l'utilisation de ce bateau à des fins scientifiques. La mission 2001 au Groenland Est aurait réellement pu se révéler catastrophique (pack) et elle se termine en un bilan tout à fait honorable." (Laurent, chef de mission)
"Comment oublier ces petits matins brumeux au milieu du pack déchaîné, dompté par la puissance d'Eric et la douceur de France ! Que de moments forts sur le pont et chaleureux dans le carré !" (Hervé, géologue)
"Nos amis géologues ont très bien travaillé malgré des conditions de glace assez peu propices aux prospections diverses et variées, cette publication (disponible sur demande) est la preuve évidente des compétences de la science française dans le domaine concerné, à savoir les plaisanteries et la bonne humeur !!" (Franck, responsable logistique)
"On prend les mêmes et on recommence. Et bien non, chaque jour de ce deuxième voyage ne fût à nul autre pareil. Chaque petit matin apporta son lot de surprises, glacées, géologiques, ou bien humoristiques. Je garderai toujours au coeur le souvenir, oh combien vivant, de ces moments 'givrés' mais si chaleureux." (Jean-Paul, géologue)
(extraits du livre d'Or de Vagabond)
Ce soir, alors que l'équipe chargée du retour de Vagabond vers Saint-Quay-Portrieux prend ses quartiers, nous avons la chance d'accueillir à bord Emmanuelle et Max, présentés précédemment.

VAGABOND, Groenland 2001
Le bonheur de la réussite se lit sur leurs visages, nos félicitations sont unanimes, Christian échange quelques mots plus techniques avec eux, bravo. Nous faisons le plein d'eau dans le fjord voisin habituel, y passons la nuit, et nous rendons à Tiniteqilaq pour une dernière escale. Max nous y attend pour acheter deux pagaies et une combinaison de kayak à Christian et François. Nous lui offrons aussi quelques accessoires utiles et impossible à trouver sur place, c'est un dernier échange d'amitié avant de se séparer du Groenland.
Pour ce retour vers l'Islande nous sommes neuf à bord : aux kayakistes et à nous deux se sont joints Swad, Christophe et Pierrot qui vont nous accompagner jusqu'en France, Clifford qui arrive tout droit de Madagascar, ainsi que Nicolas qui vient de marcher quelques jours autour d'Ammassalik.
Premier jour de navigation, une myriade de baleines accompagne Vagabond, cinq d'entre nous sont perchés dans le mât (nid de pie, barres de flèches) pour bien les observer. Magie de leurs derniers saluts avant de sonder dans l'eau tranquille.
La suite de la traversée s'avère moins calme : coup de vent pendant trois jours et quelques soucis d'eau de mer qui entre par un évent dans les réservoirs (évent que nous boucherons par la suite), mais aussi par le hublot de la douche. La coque aurait-elle travaillé au point de déformer légèrement le cadre du hublot ?
Reykjavik nous offre enfin ses pontons, ainsi qu'une tournée générale à la piscine avec sauna et jacuzzi réparateurs dès notre arrivée. Nous sommes le 11 septembre. A 13h, un homme interrompt notre repas (fish & chips) pour nous annoncer les attentats aux Etats-Unis. Nous avons du mal à réaliser, à mesurer l'événement, avant d'entendre des infos en français, à bord, sur RFI.
Reykjavik, c'est aussi la belle petite fête à bord pour les 40 ans de Christian, puis le plaisir des retrouvailles avec nos amis islandais de l'an dernier. Nous passons une chaleureuse soirée chez eux et le lendemain, Yohé, qui est pilote sur Icelandair, nous offre une magnifique surprise : 1H30 de vol à bord d'un petit Cessna au dessus des geysers et des chutes d'eau de Gulfoss. L'accueil et la gentillesse de nos amis restent inoubliables.
L'actualité polaire bat son plein à se moment là. Tandis que nous apprenons la rencontre de Michèle Demai, la marraine de Vagabond, avec le voilier irlandais Northabout à la pointe Barrow, tous lancés dans le passage du Nord-Ouest, nous rencontrons dans le port de Reykjavik, Henk de Velde, qui vient de tenter le passage du Nord-Est avec son bateau Campina (comme Vagabond, Campina et Northabout ont été dessinés par Gilbert Caroff). Malheureusement, les russes ne l'ont pas autorisé à passer, nous pourrions donc nous retrouver l'été prochain en Sibérie... L'inattendu et la force du personnage rendent cet échange passionnant. Au même moment, Harry Causer, ami de la famille Nordenskjold, nous annonce avoir vu Vagabond au Groenland sur BBC TV !
La météo est à nouveau clémente, Vagabond reprend la mer, nous sommes cinq à bord, direction les îles Féroé. En chemin, nous relâchons aux îles Vestman le 16 septembre pour quelques contrôles techniques et un peu de tourisme. Malheureusement, une pluie tombe sans cesse durant ces quelques heures d'escale !
Iles Féroé, 20 septembre. Malgré un très beau temps depuis quatre jours, nous restons plus de quatre heures sur place à admirer la première falaise, avec plus de 6 nœuds de courant de face, pour n'avoir pas su lire les instructions nautiques inscrites en langue locale ! Alors que nous approchons enfin, le fjord choisi répand jusqu'à nous toutes ses fortes odeurs de terre, d'herbe fraîche, oubliées depuis trois mois. La petite foule venue nous saluer, massée sur le quai, se déplace pour accueillir un vieux bateau en bois rempli de moutons capturés sur la petite île voisine. Il est cocasse de voir ces hommes, femmes, enfants, tous crottés et la mine réjouie, attraper chaque mouton comme ils peuvent ! C'est un moment important dans la vie du village, comme la chasse à la baleine, rare, unique, traditionnelle, à laquelle nous assistons par chance le lendemain. Nous rencontrons des hommes sereins et serviables, et ces 24 h passées à Hvalba (île Suduroy) nous laissent le goût d'un autre monde.
La météo annonce encore une suite d'anticyclones dont il faut profiter. Exceptée la première nuit sans pilote automatique, un peu grippé, la traversée s'enchaîne au rythme paisible des quarts, de la bonne humeur générale, entre les Nouvelles Hébrides et l'Ecosse, puis jusqu'en mer d'Irlande. L'équipage a du mal à croire qu'il se trouve en plein mois de septembre dans ces régions habituellement dépressionnaires… Nous envisageons alors une arrivée pour le samedi 29 septembre. Mais "la mer, ce n'est pas comme le TGV !" nous dit Pierrot…
Les cartes météo annoncent un changement brutal, une escale de quelques heures à Rosslare le 26 septembre (sud-est de l'Irlande) s'impose pour souffler et laisser passer un front froid. Lorsque nous repartons, à deux jours de l'arrivée, 30 nœuds de vent et une houle bien formée s'établissent face à nous, comme pour nous retarder. Pour éviter le mal de mer, il faut s'occuper, nous avons trouvé un remède : écouter France Inter toute la journée ! Le rendez-vous initial est raté, nous trépignons en pensant à toute l'énergie dépensée par Paco pour préparer notre arrivée.
Dernière journée magnifique, le vent a tourné, Vagabond toutes voiles dehors fend la mer à 7 nœuds, le soleil brille et nous chauffe... il reste moins de 100 milles nautiques avant Saint-Quay-Portrieux ! Chacun savoure ces instants radieux à la voile, partagés entre l'impatience d'arriver et l'envie de retenir encore un petit peu le temps.
Dimanche 30 septembre, déjà nous apercevons la vedette qui approche, les caméras pointées vers la coque rouge… Vagabond contourne la digue du Port d'Armor à 15 h précises, accueilli par les klaxons, les cris des amis, les bras des proches, les photos de ceux qui sont déjà revenus, quelques journalistes et télévision... Nous sommes heureux d'être de retour, d'avoir atteint nos objectifs, grâce à beaucoup d'entre vous.
A bientôt !
VAGABOND, le voilier d'exploration polaire de St Quay Portrieux, est revenu à son port d'attache après quatre mois de mission scientifique, sportive et culturelle sur la côte est du Groenland. Cette seconde mission achève ses préparatifs pour le Passage du Nord Est (Norvège, Sibérie, Japon) prévu pour l'été 2002.
Durant ce voyage, VAGABOND aura accompagné jusqu'à 10 personnes par semaine sur des côtes médiatisées par Paul Emile Victor et le Commandant Charcot.
Assurant la logistique de deux raids sportifs :
Escalade Canadienne féminine et Randonnée de deux kayakistes français le long des côtes de Blosseville.
Mais il aura surtout permis aux géologues du CNRS le Mans, encadrés par l'Institut Polaire de Brest (IFRTP-Expédition Polaire Française), de finir leurs prélèvements dans la région du Scoresby Sund.
Cliquez ici pour tout savoir de leur projet 2002
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